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CH : Bâtir sur de bonnes fondations

By on octobre 23, 2011 in En Vedette with 7 Comments

par Simon Servant, AllHabs.net

MONTREAL, QC — Depuis le début de la saison, le Canadien ne nous habitue pas à des performances très glorieuses. Il n’y a rien qui rassure les partisans et avec un faible dossier de 1-4-2, on les comprend. Jacques Martin semble incapable de faire passer le message et rien ne fonctionne sur les unités spéciales. Certains comparent souvent le CH à des équipes championnes comme les Yankees de New York, les Red Sox de Boston ou les Lakers de Los Angeles sauf que la question que je me pose aujourd’hui est la suivante : Est-ce que la direction du Canadien fait tout pour gagner la Coupe Stanley?

Je me pose cette question parce que si les partisans doivent endurer les hausses du prix des billets ou du prix de la bière, s’ils doivent endurer le système défensif de Jacques Martin et endurer le manque d’intensité des joueurs, je pense que le retour du balancier serait apprécié un moment donné. Est-ce que la maison possède un toit mais n’a tout simplement pas de fondations?

Bâtir ou colmater?

Il n’y a pas 36 000 façons de bâtir une équipe qui peut aspirer aux grands honneurs. Tu peux échanger quelques joueurs talentueux contre des jeunes prometteurs, tu peux sacrifier des jeunes afin d’ajouter de bons compléments à l’équipe, tu peux dépenser des millions de dollars sur le marché des agents libres ou tu peux finir dans les bas fonds et repêcher d’excellents jeunes bourrés de talent. Dans quelques cas exceptionnels, le statu quo peut s’avérer la meilleure option. Toutefois, qu’arrive-t-il lorsque l’équipe ne s’inscrit dans aucune de ses philosophies?

La dernière fois que la Sainte-Flanelle a remporté la Coupe Stanley j’avais presque 7 ans, en 1993. Depuis ce temps, le plus près que l’équipe soit passée de revoir le fameux bol argenté, c’est en 2010 avec, qu’on se le tienne pour dit, un gardien miraculeux qui aura fait bien paraître tout le monde.

On peut critiquer les Yankees, les Red Sox, les Lakers ou les Cowboys, s’il y a une chose qui réunit toutes ces équipes, c’est que les propriétaires et les membres de la direction font tout en leur possible pour gagner. On dépense des sommes mirobolantes, on fait le ménage quand ça ne fonctionne pas, on ne se contente pas de faire les séries, on veut être champions. La défaite est inacceptable et la mentalité gagnante est tout ce qu’il y a de plus important. Parfois, ces équipes n’arrivent pas à leurs fins mais on ne pourra jamais dire qu’elles n’ont pas pris les mesures pour le faire. Peut-on en dire autant du Canadien de Montréal ?

De tradition glorieuse à tradition conservatrice

Depuis la dernière Coupe Stanley, tout le personnel a changé à Montréal. Des propriétaires aux joueurs en passant par les entraîneurs et directeurs-généraux. Ils ont tous tenté de trouver la recette parfaite mais ce qui semble manquer, c’est la soif de victoire, cette fameuse mentalité gagnante. Depuis quand est-ce qu’on se contente de finir 7e et de tenter de causer une surprise? Est-ce vraiment ce genre de discours qu’on veut vendre aux partisans? On semble toujours être à cheval sur les 5 options que j’ai mentionnées plus haut, sans savoir si les pièces du casse-tête seront en place un jour.

Commençons par la première option : Échanger des joueurs talentueux contre des jeunes prometteurs.

On commence avec l’échange de Patrick Roy, possiblement une des pires transactions de l’histoire de la LNH. Le seul joueur prometteur était Jocelyn Thibault mais M.Houle n’a pas cru bon de pousser un peu plus pour un joueur comme Nolan. Après tout, le CH échangeait un des meilleurs sinon le meilleur gardien de tous les temps. D’autres exemples?? Pierre Turgeon contre Murray Baron et Shayne Corson (1996), Vincent Damphousse contre deux choix de repêchages (1999) ou Mike Ribeiro contre Janne Niinimaa (2006). Où se trouve le talent dans ces échanges? Ça, c’est sans compter les Souray et Komisarek, qu’on a perdus pour absolument rien sous prétexte de vouloir finir 8e et faire les séries… L’échange de Craig Rivet est venu sauver la mise un peu (2007) tout comme celui d’Halak (2010).

Deuxième option : Sacrifier des jeunes afin d’ajouter des compléments à l’équipe.

À la défense du CH, il n’a pas souvent été en position de transiger des jeunes pour ajouter de la profondeur offensive. Toutefois, les mauvaises langues pourraient dire que nos jeunes étaient tellement peu attrayants que même une équipe de la Ligue Américaine ne leur ferait pas d’œil. Le meilleur échange aura été celui amenant Alex Kovalev à Montréal. À part ça…

Troisième option : Dépenser beaucoup d’argent sur le marché des agents libres.

La direction du Canadien s’est lancée dans les grandes dépenses, depuis quelques années. Cammalleri, Gionta, Spacek, Gill, etc. Ce sont des signatures qui permettent d’aider l’équipe mais quand est-ce que le CH réussi à attirer de grosses prises? Les Daniel Brière, Marian Gaborik, Marian Hossa, Martin Havlat, Brad Richards et compagnie. Et ça ne date pas d’hier. On se souviendra de Brendan Shanahan et Brett Hull qui s’étaient servis du Canadien pour augmenter les enchères. Quand on détient une bonne prise, comme Erik Cole, on ne l’utilise pas convenablement et il est quasi-inutile puisqu’il n’a pas de temps de glace.

Quatrième option : Finir dans les bas fonds et repêcher de bons jeunes.

Finir dans les bas fonds?? Une option non-envisageable pour la direction du tricolore et aussi pour les partisans et pourtant, plusieurs bonnes équipes se sont améliorées de cette façon, comme les Penguins, les Blackhawks ou les Capitals. Donc, comme le CH n’aura jamais l’opportunité de repêcher dans le top 3, les jeunes qui sont repêchés doivent être encadrés et doivent avoir la chance de se faire valoir dans une équipe qui les incorpore à un bon groupe de vétérans. Chose qui est très difficile à Montréal alors qu’on valse toujours entre la semi-reconstruction et le colmatage avec de vieux vétérans.

Finalement, la dernière option : Statu quo

Pour avoir du succès dans cette option, généralement, il faut avoir un système qui fonctionne bien, un entraîneur qui saura motiver les troupes et être sévère mais compréhensif. Est-ce que Jacques Martin concorde avec cette description? J’en doute fort. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a qu’à Montréal qu’on doit absolument faire les séries. Pendant que d’autres équipes congédient leurs entraîneurs parce que ceux-ci ne peuvent pas ramener la Coupe Stanley, nous, on congédie l’entraîneur parce qu’il a perdu le vestiaire ou qu’il ne fait pas les séries…

Dernier mot sur le CH

Y a-t-il trop de pression à Montréal? Peut-être. Sauf que ce qui me dérange au plus haut point, c’est cette impression constante que le CH n’a pas d’identité, qui plus est, d’identité gagnante. Où se situe le CH par rapport à tout ça? Les partisans ont des difficultés à comprendre le plan, pas le fameux plan quinquennal, le plan annuel de l’équipe. Ce qu’on veut savoir, c’est si le Canadien sera en mesure de répondre aux attentes que nous nous fixons année après année. Parce que pour nous, la défaite est impensable, pour nous, gagner la Coupe Stanley c’est réellement notre but ultime. Tant de questions à répondre dans les bureaux du CH, tant de questions qu’on ne se poserait peut-être pas du tout si on faisait vraiment tout pour gagner et si on bâtissait sur de bonnes fondations.

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About the Author

About the Author: Étudiant en communication à l'Université de Montréal, Simon est un passionné de sports qui rêve de devenir journaliste sportif. Souvent reconnu pour ses opinions tranchées, il peut aussi faire preuve de logique et d'objectivité. Maniaque de hockey, il a toujours son mot à dire sur son équipe favorite : Les Canadiens de Montréal et n'hésite pas pour analyser ce qui se passe dans l'équipe. De plus, Simon est aussi journaliste accrédité à la couverture de l'Armada de Blainville-Boisbriand, dans la LHJMQ // Communications student at the University of Montreal, Simon is passionate about every sport and dreams of becoming a sports journalist one day. Often known for his strong opinions, he can also be logical and objective. Hockey maniac, he always has something to say about his favorite team : The Montreal Canadiens and doesn't hesitate to analyze what's happening with the team. Also, Simon is covering as a journalist the Blainville-Boisbriand Armada team in the QMJHL. .

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  1. S.O.S Fantômes | All Habs | mars 2, 2012
  1. Chantal dit :

    Je me demande ce que la transaction d’aujourd’hui apporte comme identité au CH.. M’enfin. Plus ça change, plus c’est pareil, comme si le CH avait voulu illustrer ton point ce matin.

    Très bon texte !

  2. Guillaume dit :

    Très bon texte Simon! Et aussi totalement d’accord avec toi. Dommage qu’on soit encore au stade de « patcher » des trous…!

  3. Sara A. dit :

    En tout cas, partis comme ils sont, l’option 4 pourrait devenir réalité pour le CH haha! Bon texte et bienvenue dans l’équipe! 🙂

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