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Équipe Canada Junior: Une tradition gagnante

By on décembre 21, 2012 in En Vedette with 0 Comments

par Simon Servant, Rédacteur, Le Magazine All Habs

ST-EUSTACHE, QC — Bonjour à tous les lecteurs et lectrices de All Habs.

Maintenant que la fin du monde n’est plus qu’une chose du passé, nous pouvons regarder de l’avant et se préparer pour le deuxième événement le plus important du mois de décembre, après Noël, le championnat du monde de hockey junior.

Comme d’habitude, les attentes sont très élevées pour l’équipe canadienne et la médaille d’or semble de nouveau à la portée de nos jeunes joueurs d’âge junior. Et avec raison, puisque depuis une bonne dizaine d’années, nous avons été très choyés dans notre récolte.

Pour souligner ces décennies de succès, je vous présente aujourd’hui un petit historique des performances du Canada aux championnats mondiaux des moins de 20 ans.

Des débuts modestes

1978. Photo Edmonton Sun.

1978. Photo Edmonton Sun.

C’est en 1977 que la Fédération internationale de hockey sur glace met officiellement sur pied un tournoi annuel pour les joueurs de moins de 20 ans provenant de différentes nations du monde. De 1974 à 1976, il y avait eu trois tournois non-officiels permettant au Canada de récolter une médaille de bronze et deux d’argent. À l’époque, et jusqu’en 1982, le pays était représenté par des équipes de la Ligue Canadienne de Hockey, par les gagnants de la Coupe Memorial ou par une formation toute étoile d’une des ligues de la LCH. Considérant qu’il n’y ait pas eu d’équipes composées des meilleurs joueurs canadiens d’âge junior, comme c’est le cas présentement, le Canada a effectué des débuts modestes en ajoutant une médaille d’argent, en 1977, et une de bronze, en 1978.

Le programme d’excellence canadien

Après trois résultats décevants de 1979 à 1981, l’Association Canadienne de Hockey Amateur décide donc de créer un programme d’excellence qui permettrait au Canada d’être représenté par les tous les meilleurs joueurs d’âge junior disponibles. L’instigateur de ce projet, qui est encore utilisé à ce jour, est Murray Costello, à ce moment président de l’ACHA. En plus du programme des moins de 20 ans, les programmes des moins de 17 et moins de 18 ans furent créés. Le premier test pour ce programme est en 1982 lors du championnat disputé à Rochester. Les représentants de l’unifolié sont invaincus dans les six premières parties du tournoi infligeant même une raclée de 7-0 aux Soviétiques. Le classement était bien différent à ce moment et les médailles étaient distribuées selon le nombre total de points et il n’y avait pas d’élimination directe comme c’est le cas maintenant. Dans un verdict nul de 3-3 contre la Tchécoslovaquie, le Canada remporte sa toute première médaille d’or du tournoi. Fait cocasse, ce sont les joueurs qui ont dû chanter l’hymne national puisque les organisateurs n’en avaient pas copie. Les cinq premières années du programme ont été profitables puisque l’équipe canadienne a touché l’or une autre fois en 1985 tout en se couvrant de bronze en 1984 et d’argent en 1986.

On ferme les lumières

L’incident le plus triste survient le 4 janvier 1987, à Piestany, dans l’actuelle Slovaquie. Le Canada affronte l’Union soviétique dans ce

Photo Sun Media

QMI file photo

qui s’avère le dernier match du tournoi. Les Canadiens possèdent déjà une fiche de 4-1-1 et pourraient, avec une victoire, s’assurer d’une médaille d’argent, mais pourraient aussi s’emparer de l’or s’ils battent l’adversaire par plus de quatre buts – étant le facteur déterminant en cas d’égalité puisque la Finlande avait complété son tournoi avec une fiche de 5-1-1. Dans un match rude parsemé de coups salauds des deux côtés, le Canada est en avant 4 à 2 avec un peu moins de 14 minutes à faire en deuxième période. C’est à ce moment que tout dégénère. À la mise au jeu, Sergei Shesterikov bouscule Everett Sanipass et les deux joueurs en viennent aux coups. Au même moment, Pavel Kostichkin donne un violent coup de bâton à Theoren Fleury, ce qui entraîne aussi un combat entre les deux hommes. Tout semble se régler sur la glace, mais Evgeny Davydov décide de quitter son banc créant un effet domino. Du coup, tous les joueurs sont sur la glace à s’en donner à cœur joie. Les arbitres, incapables de contrôler la situation, quittent la glace forçant les officiels du tournoi à éteindre les lumières en dernier espoir. Les deux équipes ont été disqualifiées et n’ont pas eu de résultat officiel. Ce match mettrait la table à une année 1987 faste en matchs excitants, car l’Union soviétique croisera le fer contre les étoiles de la LNH, au Rendez-Vous 87, et de nouveau face au Canada, dans la finale de la Coupe Canada 87. Ce que les experts appelleront la « Guerre froide du hockey ».

Une dizaine dorée

L'or en 1995. Photo Edmonton Sun.

L’or en 1995. Photo Edmonton Sun.

Les dix années suivant la disqualification de l’équipe confirmeront sa suprématie au plan international junior. Dès 1988, les jeunes canadiens s’emparent de nouveau de la médaille d’or grâce à une performance convaincante et retrouvent leur rival de l’est au sommet du classement en 1990 et 1991. À chaque fois, le Canada décrochera l’or grâce à sa victoire face à celui-ci. De façon plus dramatique en 1991, grâce à un but du défenseur John Slaney, en fin de troisième période du dernier match des deux équipes. De 1993 à 1997, l’équipe canadienne devient la première à remporter cinq médailles d’or consécutives. Ce qui abaisse la marque de quatre établie par l’URSS dans les quatre premières années du championnat. Pendant ces années, les gardiens québécois se sont démarqués puisque l’année 1993 marque le début d’une série de douze de suite avec au moins un gardien originaire de la Belle Province dans la formation. Aussi, au cours de ces cinq années, le Canada a cumulé une fiche de 30-1-3 marquant 179 buts et en accordant 80. De plus, en 1996, les huit buts accordés dans le tournoi égalaient, à l’époque, le record du moins de buts concédés détenu par la Finlande.

Le fiasco national

L’année 1998 restera à jamais le pire fiasco de l’histoire du hockey junior canadien. Sortant d’une séquence de médailles d’or spectaculaire, les Canadiens terminent ce championnat du monde avec une désastreuse huitième position. Les hommes de Réal Paiement commencent la ronde préliminaire sur les chapeaux de roues en s’inclinant dans les deux premiers matchs, mais se ressaisissent en remportant les deux derniers – dont une victoire difficile de 2-0 contre l’Allemagne. Depuis 1996, la Fédération internationale de hockey sur glace avait instauré un système éliminatoire faisant en sorte que le Canada devait se mesurer à la Russie en quarts de finale. Dans un match très serré, la veille du jour de l’an, Maxim Afinogenov tranche le débat en prolongation pour procurer un gain de 2-1 aux siens. Les joueurs n’auront plus aucune motivation, perdront 3 à 0 contre les États-Unis et subiront ensuite un gênant revers de 6-3 contre le Kazakhstan lors du match de septième position.

La puissance mondiale

Depuis ce lamentable échec, le rouge et blanc concrétise année après année son statut de puissance mondiale au hockey junior, car il

L'or de 2005. Photo Jeff Vinnick/Getty

L’or de 2005. Photo Jeff Vinnick/Getty

n’a pas été écarté du podium une seule fois lors des 14 derniers tournois. Après être passée près de la médaille d’or pendant six ans, de 1999 à 2004, récoltant quatre médailles d’argent et deux de bronze, l’équipe nationale a remporté le titre cinq fois d’affilée entre 2005 et 2009. Pendant ses années de gloire, le pays a devancé la Russie (et l’ancienne Union soviétique) pour le plus de médailles d’or remportées et a porté son total à 15. L’an dernier marquait la première fois depuis 2001 que l’équipe ne se rendait pas en finale. Ces dix finales consécutives forment aussi un record. De plus, en 2006, le Canada abaisse à six le record du moins de buts alloués dans le championnat. Un autre record qui tient toujours aujourd’hui.

Les rivalités épiques

Tout au long de son histoire junior, le Canada a livré quelques bonnes batailles épiques avec des pays dont la rivalité s’est développée au fil du temps. Avant la dissolution de la Tchécoslovaquie, en 1992, les joueurs de l’unifolié avait joué plusieurs matchs serrés contre les Tchécoslovaques résultant d’ailleurs à plusieurs matchs nuls en ronde préliminaire. Toutefois, les meilleures rivalités sont avec la Suède, les États-Unis et évidemment la Russie. Depuis l’instauration des éliminatoires, le Canada n’a jamais perdu contre la Suède en six occasions dans cette phase remportant quatre fois une médaille à ses dépens – dont trois d’or. Malgré sa fiche impressionnante de 19-2-3 en ronde préliminaire contre les voisins du sud, le Canada revendique une fiche de 2-2 dans les matchs pouvant procurer une médaille. Plusieurs se souviendront des deux défaites en finale dont la plus récente en 2010, en prolongation. C’est contre son rival de toujours, la Russie (URSS), que le Canada paraît le moins bien. En ronde préliminaire, il possède une fiche de 8-8-2 et une fiche de 3-4 dans les matchs de médaille d’or. Les matchs contre les Russes sont souvent des plus mémorables. Notamment les finales de 1999, 2002, 2003, 2005 et 2011 en plus des demi-finales de 2009 et 2012.

La ruée vers l’or

Plusieurs jeunes canadiens se sont faits un nom dans ce tournoi ou sont venus concrétiser le statut qu’on allait leur donner dans les rangs professionnels. Nous n’avons qu’à penser aux Wayne Gretzky, Sidney Crosby, Jordan Eberle, John Tavares, Dion Phaneuf ou Eric Lindros. Lors des dix représentations en sol canadien, le Canada est parvenu à décrocher une médaille, mais cette fois, le tournoi se transporte à Ufa en Russie où il tentera de ramener l’or tant convoité. Le tout débutera le 26 décembre prochain et une chose est sûre, nous aurons assurément droit à d’autres moments mémorables pendant cette période des fêtes.

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About the Author

About the Author: Étudiant en communication à l'Université de Montréal, Simon est un passionné de sports qui rêve de devenir journaliste sportif. Souvent reconnu pour ses opinions tranchées, il peut aussi faire preuve de logique et d'objectivité. Maniaque de hockey, il a toujours son mot à dire sur son équipe favorite : Les Canadiens de Montréal et n'hésite pas pour analyser ce qui se passe dans l'équipe. De plus, Simon est aussi journaliste accrédité à la couverture de l'Armada de Blainville-Boisbriand, dans la LHJMQ // Communications student at the University of Montreal, Simon is passionate about every sport and dreams of becoming a sports journalist one day. Often known for his strong opinions, he can also be logical and objective. Hockey maniac, he always has something to say about his favorite team : The Montreal Canadiens and doesn't hesitate to analyze what's happening with the team. Also, Simon is covering as a journalist the Blainville-Boisbriand Armada team in the QMJHL. .

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