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Ian Laperrière : Aller de l’avant

By on août 1, 2013 in Partisan with 1 Comment

par Alexandra Philibert, Chroniqueuse, Le Magazine All Habs

MONTRÉAL, QC — Ian Laperrière, maintenant directeur du développement des joueurs chez les Flyers de Philadelphie, fait partie des chanceux qui se sont placés rapidement, après une carrière dans la Ligue Nationale de Hockey. Pour lui, peu importe la façon dont la carrière se termine : « aucun joueur ne se lève le lendemain avec un gros sourire. »Ian Laperrière

Contrairement à certains, l’homme a eu deux années pour se faire à l’idée de la retraite. Après avoir reçu une rondelle en plein visage, ce qui a résulté à une blessure à l’œil ainsi que d’une nouvelle commotion cérébrale, Ian Laperrière a joué son dernier match au sein de la LNH lors des séries de 2011. Espérant que l’été lui permettrait de revenir à la normale, comme il l’avait déjà fait auparavant, le joueur a dû se rendre à l’évidence. Il a donc rencontré ses supérieurs pour leur dire que sa tête l’empêchait de jouer, « qu’ [il] allait prendre du temps pour essayer de revenir, mais qu’en toute honnêteté, ça ne regardait pas bien. »

Malgré tout, il préfère que sa carrière ait pris fin de cette façon : « Ce n’est jamais facile pour personne, c’est sûr que ce n’est pas toujours rose dans une carrière, mais, me connaissant, c’est mieux qu’elle se soit finie comme ça. Vient un moment où les clubs disent [qu’ils] ne te veulent plus, je pense que ça m’aurais fait beaucoup plus mal que la blessure. » Toutefois, ce n’est pas pour autant que la route fut facile. Conscient de sa chance malgré tout, il sait que cette blessure aurait pu être pire. D’ailleurs, il s’est débarrassé du syndrome du vertige inversé, qui lui causait des mots de tête, récemment. Il ne lui reste qu’une vision quelque peu embrouillée dans l’œil touché.

De temps à autres, il avait espoir de revenir au jeu, mais la réalité l’a rattrapé. « C’est dur à avaler, même lorsque le médecin te dit : écoute, va falloir que tu trouves quoi faire d’autre de ta vie. » Le plus gros problème avec la retraite selon Laperrière, « c’est de trouver quoi faire de son temps libre, ton identité en dehors du hockey, c’est de se valoriser comme être humain. » En général, les joueurs de hockey font partie d’une équipe depuis qu’ils ont cinq ans, il semble que ce soit cette transition entre faire partie d’une équipe et d’être maintenant seul avec soi-même qui est difficile. De son côté, l’attaquant avoue qu’il lui a fallu un bon deux ans pour s’adapter à la vie plus « tranquille ».

Le retraité a eu besoin d’aide psychologique. Il est donc allé chercher de l’aide extérieure (offerte par l’AJLNH) et a pu compter sur celle de sa famille. Sa douce moitié, avec qui il partage sa vie depuis 22 ans, a été d’un grand support. «  Elle m’a toujours connu comme Ian le joueur de hockey, mais comme retraité, l’ajustement n’a pas été facile, je vais être honnête je n’étais pas heureux non plus. » Les Flyers lui ont tout de suite indiqué vouloir garder ses services dans le futur, ce qui a du coup rendu la transition plus facile.

Jeff Gross | Getty

Jeff Gross | Getty

Quand on lui pose la question à savoir si l’aide apportée par l’association des joueurs et la LNH est suffisante, il répond de cette façon : «  Il y a de très bons programmes, mais c’est comme un alcoolique. Si l’alcoolique ne demande pas d’aide, ben personne n’arrivera chez eux et le sortira de là.  Oui, les programmes sont là, mais si tu ne vas pas de l’avant la LNH ne sait pas que t’as des problèmes. Je suis certain qu’ils aident pleins de joueurs comme ils m’ont aidé. »

Le retraité ne changerait rien à sa « longue et bonne carrière ». «  Mon corps je l’ai abusé pas mal dans ma carrière, et je l’abuse encore aujourd’hui, je suis juste fâché parce que ce mouvement-là, je l’ai fait des milliers de fois dans ma carrière, je me suis juste mal timé. » Il avoue toutefois, qu’il aurait aimé gagner la Coupe Stanley.

Et si les Flyers ne lui avaient pas donné l’opportunité d’être directeur du développement? «  Je ne me serais pas vu retourner à l’école pour me trouver un emploi, la seule chose que je connais bien et qui me passionne c’est le hockey. Je me suis bâti des ponts dans la ligue pour être capable de rester dans le domaine. » Cette incursion sur la scolarité amène à se questionner à nouveau sur l’importance des études au sein de la LHJMQ, pour lui, « aucun système n’est parfait, il y a certainement des ajustements à faire, mais qu’à la fin de la journée si le jeune ne veut pas faire les efforts, c’est lui qui détient le momentum. » Il prends toutefois le temps de préciser que tous les outils sont présents dans la LHJMQ pour les jeunes qui désirent se concentrer sur l’école.

Ironiquement, cette blessure, qui l’a poussé à la retraite, est arrivée à un bon moment pour lui. Le côté familial a repris le dessus après de nombreuses années où le hockey était en priorité. Ian possède donc plus de temps pour offrir de l’aide à sa femme et suivre ses garçons dans leurs activités respectives. Il a pu, de son propre aveu, «remettre le balancier» à sa famille après tant d’années à être investi à 100 pour cent dans le hockey.

 

Aujourd’hui, Ian Laperrière va de l’avant, par moment il lui arrive d’avoir le goût de jouer à nouveau, mais il est réaliste. « Je ne suis pas assez nono pour dire que je serais capable de revenir, ça me fait rire un peu, le hockey évolue, la vitesse des joueurs aussi, ça fait trois ans que je n’ai pas remis les patins dans un match, c’est plus un rêve qu’une réalité dans le fond. » Maintenant, il est heureux de se concentrer sur sa famille et ses fonctions de mentor chez les jeunes Flyers, dont un québécois que plusieurs auraient aimé voir à Montréal, Samuel Morin.

 

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