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La saison « morte » de Marc Bergevin

By on juin 8, 2012 in En Vedette with 3 Comments

par Simon Servant, AllHabs.net

ST-EUSTACHE, QC — La saison morte de la LNH n’est pas tout à fait débutée, du moins pour encore quelques heures, puisque la Coupe Stanley est encore dans le coffre, mais chez le tricolore, le processus amenant l’équipe vers sa 103e saison de jeu est déjà enclenché depuis plusieurs semaines déjà.

Ça avait débuté avec la nomination de Marc Bergevin au poste de directeur-général de l’organisation et ce dernier avait beaucoup de pain sur la planche. La première étape était de trouver un entraîneur-chef et après plusieurs entrevues, il a finalement trouvé son homme : Michel Therrien.

Graham Hughes/Presse Canadienne

Trêve d’originalité, je vais vous témoigner mes impressions sur ce choix, mais aussi sur cette saison morte qui risque d’être assez mouvementée.

Un choix populaire?

Quelques jours après l’embauche de Michel Therrien, la poussière est maintenant retombée, mais je dois avouer d’emblée que c’était loin d’être mon premier choix. Je n’ai rien contre l’homme et je suis d’avis que c’est un bon entraîneur, mais je ne suis pas convaincu que d’embaucher quelqu’un qui a déjà fait un stage à Montréal soit une bonne idée. Et encore, si on avait une deuxième chance à donner, c’était à Guy Carbonneau, congédié injustement et sur des motifs plutôt douteux, qu’on aurait dû la donner. Mais bon, ce n’est peut-être que ma philosophie. Je ne doute pas que Therrien puisse redresser cette équipe, mais pourra-t-il la mener aux grands honneurs?? C’est la question qui brûle mes lèvres.

L’ancien entraîneur-chef des Penguins et du Canadien semblait être moins populaire, chez les partisans, lorsqu’on mentionnait les possibles candidats. Les instructeurs Patrick Roy et Bob Hartley semblaient avoir une longueur d’avance et même les médias avaient sélectionné leur cheval de bataille. De mon côté, je suis prêt à donner la chance au coureur, mais à voir ce qui se passe dans les médias sociaux, disons que je vois beaucoup plus de partisans insatisfaits que le contraire.

L’arrivée de Michel Therrien m’a permis de faire quelques constats en plus de me questionner sur certains points. Tout d’abord, la direction du CH nous avait promis du sang neuf. Certes, Therrien n’est plus le même entraîneur que lors de son premier passage et il a appris de ses erreurs, mais on fait encore un retour dans le passé, un passé qui fut loin d’être glorieux depuis près de vingt ans.

Ensuite, je sais que le processus a été très long, mais si depuis quelques semaines Bergevin avait choisi Therrien comme étant son homme de confiance, pourquoi ne l’a-t-il pas nommé avant? C’est quand même tout un adon que le directeur-général annonce l’embauche de son entraîneur-chef, quelques jours après la nomination de Bob Hartley à Calgary. Est-ce que l’homme de Bergevin a pris la direction de l’ouest? Du côté de Patrick Roy, on le trouvait trop gros pour le CH, qu’il pourrait peut-être intimider le directeur-général recrue ou qu’il avait de trop grosses exigences. Bref, tout y est passé. Il a tenu à clarifier le tout lors de sa conférence de presse et laissez-moi vous dire que j’ai vraiment l’impression que nous sommes passés à côté d’une tête de hockey incroyable et plus mature que certains le pensent.

Autre point qui me dérange au plus haut niveau, dans ce processus, c’est à quel point le fait d’être bilingue était tellement important dans la sélection d’un candidat. Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai dit dans mon texte précédent (Le CH : Victime de sa réputation), mais comment pourrait-on se permettre de balayer du revers de la main les noms de Mike Babcock ou Joel Quenneville, si ces derniers étaient disponibles? Vrai qu’ils ne le sont pas, mais est-ce que Larry Robinson ou John Stevens (adjoints présentement rivaux en finale de la Coupe Stanley) et Gerard Gallant (a dirigé dans la LNH et a gagné la Coupe Memorial), entre autres, ne pourraient pas faire un travail colossal avec le Canadien au même titre que les interviewés bilingues?

Une chose est certaine, ce duo ne fera pas passer le bleu-blanc-rouge de la 15e à la 1re en une saison. Il faudra que les partisans soient patients et qu’ils les laissent travailler. La patience, à Montréal, c’est une denrée rare…

Une saison morte loin de l’être

Maintenant que l’homme derrière le banc est trouvé, il faut se pencher vers ceux qui foulent la glace devant lui. La nouvelle direction a été claire, il y aurait un changement de garde et de philosophie dans le jeu du tricolore. Fini les petits pique-niques lorsque l’adversaire s’amène au Centre Bell.

Bergevin et Therrien s’entendent sur plusieurs points : le CH doit se grossir, les jeunes doivent bien se développer, l’éthique de travail doit être présente à chaque match et il doit y avoir plus de Québécois dans l’organisation.

Tout ça me plaît bien, mais j’ai l’impression que c’est toujours beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Le Canadien doit évidemment prendre du poids à l’attaque, mais en regardant les recrues qui sont le plus près de faire le grand saut, on se rend rapidement compte que les Gallagher, Bournival ou Kristo ne correspondent pas tout à fait à cette description. Donc, qui dit ajouter du poids, dit transactions ou signatures. Bergevin souhaite-t-il vraiment boucher des trous pour ces jeunes talentueux dans le simple but d’être capable de rivaliser lors d’un potentiel affrontement en séries contre les Bruins ou les Flyers? Si ce n’était que de moi, la Sainte-Flanelle ferait graduer plusieurs jeunes afin qu’ils apprennent et prennent de l’expérience, en plus de finir de nouveau dans les bas fonds afin de bien se positionner pour l’excellent repêchage de 2013. Comme je le dis souvent, je n’ai jamais vu une relève aussi fleurissante, chez le CH, en 20 ans.

Pour ce qui est de l’éthique de travail, je suis convaincu que Michel Therrien fera tout en son possible pour faire respecter cette notion, mais il n’est malheureusement plus à l’Antichambre. Quand il verra Scott Gomez, René Bourque ou Tomas Kaberle – nos trois boulets sur la masse salariale – se trainer les pieds ou jouer de mollesse, j’espère que le nom et le salaire n’auront pas d’incidence sur ses décisions. J’espère aussi que le directeur-général saura appuyer coûte que coûte les décisions de son pilote. Parlant du cas Gomez, s’il pouvait trouver un moyen de l’échanger et ne serait-ce qu’avoir un jeune mal développé en retour, je pense qu’on aurait droit à une parade sur la rue Ste-Catherine.

De plus, je ne veux pas m’acharner sur le fait francophone ou les Québécois, mais disons que nous sommes rapidement aveuglés lorsque nous parlons du Canadien et de son impact culturel. Dans la réalité actuelle de la LNH, c’est bien beau vouloir avoir des Québécois, le fait est qu’il n’y en a pas beaucoup qui sont disponibles – à peine 40 réguliers en 2011-2012 – et la plupart sont pris avec de faramineux contrats. Avec ce qu’on entend dernièrement à propos de Pierre-Alexandre Parenteau et Francis Bouillon, j’espère sincèrement que la direction n’ajoutera pas de Québécois dans l’organisation suite à une pression médiatique ou des partisans. Le but premier demeure de gagner la Coupe Stanley et avoir 15 joueurs natifs de la Belle Province n’est plus un gage de succès.

Ayant maintenant le repêchage de la LNH dans sa mire, Bergevin devra aussi régler les cas Carey Price et P.K. Subban. J’ai bien hâte de voir s’il sera moins réticent à l’idée d’offrir des contrats à long terme à ces deux jeunes piliers de l’organisation. À Montréal, les contrats de cinq ou six ans, à des joueurs de 30 ans, ça ne nous dérange pas, mais quand c’est le temps de s’engager avec nos jeunes pour six ou sept ans, c’est soudainement moins tentant. Pourtant, c’est comme ça que ça fonctionne partout ailleurs. Regardez les Crosby, Malkin, Toews, Kane, Perry, Getzlaf, Stamkos et j’en passe. J’ai confiance que notre nouveau directeur-général soit beaucoup moins coincé à ce niveau.

Qu’on soit pour ou contre les décisions de Marc Bergevin ou l’arrivée de Michel Therrien, une chose est sûre : les partisans du tricolore vont voir des changements et sûrement des améliorations. Certains rêvent déjà à la Coupe Stanley, d’autres à Sidney Crosby, mais souvent, dans la LNH, la réalité revient nous frapper en plein visage. Espérons qu’avec cette nouvelle direction, le terme « glorieux » revienne à la mode pour les bonnes raisons.

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About the Author

About the Author: Étudiant en communication à l'Université de Montréal, Simon est un passionné de sports qui rêve de devenir journaliste sportif. Souvent reconnu pour ses opinions tranchées, il peut aussi faire preuve de logique et d'objectivité. Maniaque de hockey, il a toujours son mot à dire sur son équipe favorite : Les Canadiens de Montréal et n'hésite pas pour analyser ce qui se passe dans l'équipe. De plus, Simon est aussi journaliste accrédité à la couverture de l'Armada de Blainville-Boisbriand, dans la LHJMQ // Communications student at the University of Montreal, Simon is passionate about every sport and dreams of becoming a sports journalist one day. Often known for his strong opinions, he can also be logical and objective. Hockey maniac, he always has something to say about his favorite team : The Montreal Canadiens and doesn't hesitate to analyze what's happening with the team. Also, Simon is covering as a journalist the Blainville-Boisbriand Armada team in the QMJHL. .

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There Are 3 Brilliant Comments

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  1. Chantal dit :

    Très bon texte.

    Pour Price et Subban, je me demande si les négociations de la convention collective joueront un rôle dans le terme de leurs contrats. Marc sera peut-être un conservateur au cas où…

    M’enfin. J’aimerais les voir signés pour 5 ans.

    On verra!

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