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La science s’infuse au hockey… et réflexions éparpillées

By on mars 20, 2012 in Partisan with 1 Comment

par LyseAllHabs.net

ST-FABIEN-DE-PANET et QUÉBEC, QUÉBEC– Peut-être l’avez-vous manqué, mais la semaine dernière, on célébrait le jour de ᴫ (ou la lettre grecque pi) – le 14 mars, ou en notation internationale, le 3-14… Étant par déformation académique une nerdette, il n’en fallait pas plus pour inspirer une chronique de nature plutôt scientifique. Ainsi, peut-être était-ce là l’occasion idéale pour aborder la notion de statistiques avancées.

Chacun (et chacune) a ses façons de voir le jeu, d’apprécier le hockey. D’une part, on a généralement un faible pour l’équipe locale, en l’occurrence ici le CH, que ce soit par habitude ou par attachement sociohistorique ou simplement pour les couleurs bleu, blanc et rouge. D’autre part, c’est souvent un joueur en particulier (parfois deux ou trois) qui séduit, par ses prouesses sur la glace ou encore par ses traits de personnalité. Pour une classe de partisans, l’appréciation du jeu, qu’elle soit sur une base d’équipe ou individuelle, tire sa source dans l’émotion. À l’opposé, il existe une autre catégorie de purs et durs pour qui le jeu se décortique de façon scientifique, ceux qui compilent ces feuilles de calcul incompréhensibles pour le profane avec des termes comme Corsi et Fenwick.

Le hockey professionnel est forcément un jeu de statistiques : l’équipe qui a le plus de points domine au classement et l’on couronne annuellement les champions buteurs et pointeurs avec des trophées individuels. Toutefois, la science des statistiques avancées – ou hockey analytics, dans la langue de Randy Cunneyworth – est définie par ses adeptes comme «la recherche de la connaissance objective du sport qu’est le hockey». On y tente de comprendre comment certaines équipes gagnent, de qualifier quantitativement ce qui fait d’un joueur un bon attaquant ou encore un défenseur honnête ou indispensable. Ces statistiques sont dites « avancées » parce qu’elles vont au-delà de ces stats classiques – buts, mentions d’aides, fiches plus/moins, tirs au but, etc. – parce qu’on tient compte des compagnons de trio (ou de paires de défenseurs) d’un joueur donné, de la qualité de la compétition que l’équipe adverse décide de leur opposer. Le moins que l’on puisse dire est que  tout ça semble bien complexe, mais n’est pas nécessairement hors de portée et avec le temps, de plus en plus d’analystes sportifs dans les médias traditionnels utilisent ces concepts. Arpon Basu, alors affecté à la couverture du Canadien pour CTV News avait déjà tâté le terrain avec cet article l’an dernier. Un autre journaliste des médias traditionnels, adepte de stats avancées est James Mirtle du Globe And Mail, quoiqu’il est affecté à la couverture des Maple Leafs plus spécifiquement.

On se sert de ces statistiques pour comparer des joueurs, estimer le potentiel d’une équipe et même évaluer la réussite ou l’échec d’une transaction. À titre d’exemple, outre la manière cavalière dont le CH a pu disposer de Michael Cammalleri qui en a irrité plus d’un, ces chiffres vont être utilisés pour juger de cet échange qui nous a amené Rene Bourque… Bien sûr, ne se fier qu’aux stats dans cet exemple précis peut s’avérer réducteur, car cette transaction comporte aussi d’autres facettes qui ne seront connues qu’avec la sélection du choix de deuxième ronde et l’émergence éventuelle de Patrick Holland dans la grande ligue.

 

Mais la science peut aussi permettre d’élucider cet autre dilemme entourant le Canadien pour les gérants d’estrade que nous sommes : à choisir entre deux joueurs de centre, lequel entre les deux le futur DG du CH devrait garder à Montréal, Desharnais ou Plekanec? Si la plupart s’entendent pour dire que le CH a traditionnellement été faible à un niveau précis, c’est bien à cette position, et la quête d’un gros centre n’a jamais été aussi évidente à l’esprit des amateurs et analystes de notre Flanelle. On peut facilement recourir aux statistiques traditionnelles et constater l’évidence même : Desharnais devance Plekanec cette saison en termes de points marqués, de buts comptés et de la fiche +/-. Mais ces chiffres sont sommaires et ne disent pas tout. Les statisticiens avancés décortiquent davantage le jeu, catégorisant le temps de glace en infériorité ou supériorité numérique. ou encore à forces égales. Ils tiennent aussi compte de la qualité de compétition, c’est-à-dire, la force des joueurs adverses à qui ils sont appelés à faire face. Par ailleurs, on compile tous les tirs et non seulement ceux qui atteignent le filet adverse afin de mieux compiler les chances de marquer – un gros Ping! tintant sur la barre transversale du filet n’est pas comptabilisé dans les tirs au but…

Il y a des gens qui compilent donc ces données brutes comme Olivier Bouchard du blogue « En attendant les Nordiques », d’autres qui les exploitent comme Andrew Berkshire de « Habs Eyes on the Prize », et d’autres encore qui ont imaginé un système peu ordinaire,voire propriétaire comme Chris Boucher de « Boucher Scouting ». Andrew est un pur et dur des stats avancées. Il m’a acheminé ses feuilles de calcul, meublées de différentes sources de données compilées, dont les Corsi, Fenwick et autres départs en zone offensive. Bref, les chiffres compilés confirment sans surprise que Plekanec est souvent confronté à de meilleurs adversaires, avec de moins bons compagnons de trio. Il a davantage de mandats défensifs que Desharnais peut en avoir. Ainsi, si en faisant abstraction des contrats de chacun, bien qu’ils semblent être des joueurs interchangeables, on confie davantage de temps dur à Plekanec, ces missions ingrates et moins valorisantes dont il hérite depuis les beaux jours de Jacques Martin.

Les statistiques servent de modèle, un système qui se veut plus objectif que l’oeil du partisan. On peut leur donner une grande importance ou les écarter tout de go, c’est une question de préférence — certains diront que c’est une question d’adaptation ou de résistance aux nouvelles méthodes. Étant issue personnellement d’une formation en génie, j’ai tendance à leur donner un certain poids, toutefois avec une certaine réserve. Mais ici ce modèle, bien qu’encore imparfait, peut être un outil de prise de décision à savoir lequel des deux joueurs serait-il plus payant de vouloir garder au sein de l’organisation si jamais ce gros centre élusif se manifestait…

Il y a aussi d’autres considérations qui peuvent entrer en ligne de compte. Les deux joueurs sont issus de l’organisation, n’ont connu que le CH comme formation, même si le plus jeune a échappé au repêchage, alors que l’aîné affiche cinq ans de plus d’appartenance à la Flannelle, dès son repêchage en 2003. Desharnais a su faire mentir ses détracteurs tout au long de son cheminement, encore plus depuis qu’il a atteint la LNH. Par contre, Plekanec est un vétéran qui a quand même connu quatre saisons consécutives de 20 buts et plus. Il connaît une moins bonne saison cette année, mais quel autre joueur du CH aura connu sa meilleure, si l’on exclut autant Desharnais que ses ailiers habituels Erik Cole et Max Pacioretty?

Sans fournir de réponse absolue à la question ci-haut ou à toute autre relative à des choix de hockey, je crois que l’important, comme dans toute chose, est de ne pas se faire aveugler par une seule facette unique d’une situation complexe… Aussi, comme le dit Olivier Bouchard en sous-titre sur son blogue : «On peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres».

 

Pour approfondir les notions et mieux se rendre compte de la portée des statitistiques avancées dans la LNH, le nom qui revient le plus souvent est celui de Gabriel Desjardins, fondateur du site BehindTheNet.ca qui a depuis été fusionné sur Arctic Ice Hockey. Vous y trouverez là des statitistiques, discussions et autres explications généralement détaillées sur cette nouvelle science. Mise en garde: certains articles peuvent vous sembler arides et incompréhensibles, mais une recherche sur les «FAQ» permet de retracer des textes de vulgarisation qui sont plus abordables au commun des mortel.

 

  • Comme pour tout autre duel intraéquipe – la controverse « Pr-alak » reste encore fraîche à la mémoire – ce genre de débat provoque les arguments et les échanges les plus passionnés. D’autres différences entre les deux joueurs n’ont rien à voir avec leur contribution au sein de l’équipe ou leur talent ou ardeur à l’ouvrage. Il ne faudrait pas que ce genre d’élément ne vienne envenimer la discussion. Personne n’y peut rien si l’un des deux fait quatre pouces de plus que l’autre…
  • Desharnais épate et dépasse les attentes de plusieurs. Certains ont toujours cru en lui, comme c’est le cas de Guy Carbonneau – qui partageait alors avec Desharnais un lien avec les Saguenéens de Chicoutimi – qui avait insisté auprès du Canadien afin qu’on lui donne une chance. En même temps, Carbonneau a toujours fait l’éloge de Tomas Plekanec, un joueur idéal pour tout entraîneur. J’aimerais bien savoir comment Carbonneau évaluerait la pertinence de privilégier l’un au détriment de l’autre si le choix s’imposait…
  • Si Guy Carbonneau a fait le saut périlleux arrière de la LNH à la LHJMQ, son ex-coéquipier et ami s’apprête à faire la route inverse, semble-t-il. La rumeur concernant Patrick Roy comme étant déjà considéré, sinon embauché, à titre d’instructeur-chef pour la prochaine saison semble avoir des ailes. Il est vrai qu’à Québec on aime le Red Bull et que ça donne… enfin, vous voyez. Je trouve un peu aberrant que le poste soit déjà comblé alors que celui de Directeur-Gérant est loin d’être confirmé, qu’il s’agisse de Monsieur Gauthier ou d’un successeur. Mais bon, l’avenir nous dira bien ce qu’il adviendra.
  • Évidemment, comme tous les autres commentateurs et partisans, je n’ai aucun mot à dire sur les choix organisationnels de mon équipe de hockey préférée. Mais, je profite ici de l’occasion pour reformuler mon opinion. Je ne crois pas que Roy soit le choix idéal pour remettre l’équipe sur les rails de la victoire. Je ne nie pas la passion, l’enthousiasme de l’homme, mais il a souvent été qualifié de débordant — entendu, peut-être en des termes moins polis. Comme le dit si bien un ami sur Twitter qui a imaginé un mot-clic original pour décrire cette saison #CirqueDuOlé, l’arrivée d’un Patrick Roy exubérant derrière le banc et au lutrin de salle de conférence de presse  n’a rien pour tempérer les partisans les plus conservateurs dont j’admets faire partie. D’ailleurs, mes collègues Simon et Habsterix ont écrit récemment des textes évaluant la possibilité d’un tel retour du grand 33 à Montréal: Grigorenko et Roy : Deux choix logiques? et Habs Solution Might Sit in Avalanche Path.
  • Oh, et plusieurs revendiqueront le scoop ramenant Roy au bercail, mais quand même, j’avais vu passer ceci sur Twitter il y a deux semaines, en provenance de l’illustre biographe non autorisé de Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil…

 Directeur gérant ET entraîneur-chef, hein? Le mot-clic de l’ami Scott semble d’occasion… #CirqueDuOlé

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Vous pouvez suivre l’auteure ici: @touteparpillee

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About the Author: Rick is the Editor-in-Chief, lead contributor, and owner of the All Habs network of websites. His mission is to build a community of Canadiens fans who are informed, engaged and connected. He is the vision behind all four sites within the network - All Habs, Habs Tweetup, We Are Canadiens, and The Montreal Forum - and is responsible for the design and layout of each. In concert with the strong belief that "Habs fans are everywhere!", Rick is pleased that people use All Habs as a conduit to find and connect with other Habs fans worldwide. He is also proud that Habs Tweetups have allowed fans to meet in person and develop long lasting friendships. .

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