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Lars Eller : Joueur de grandes occasions?

By on mars 19, 2015 in En Vedette, Ignore with 1 Comment

par Michael Ham-Fan, Chroniqueur, Le Magazine All Habs

Lars Eller

(Photo by Mike Stobe/NHLI via Getty Images)

 

MONTREAL, QC. – Avec seulement onze parties restantes à la saison régulière, le temps est propice pour les meilleurs joueurs de se lever et se préparer pour les séries éliminatoires. Un joueur qui a toujours bien performé en ce temps de l’année est l’attaquant Lars Eller des Canadiens de Montréal.

Le jeune danois de 25 ans a eu une saison en dents de scie. En attaque, il n’a pas produit à un rythme constant, mis à part le mois de Novembre où il a obtenu huit de ses 22 points. Cependant, son jeu sans la rondelle a été efficace cette saison. Il a démontré un bon effort dans la plupart des matchs et l’entraineur-chef, Michel Therrien, a eu cela à dire au sujet d’Eller :

« C’est toujours à propos d’avoir une bonne attitude et Lars a une bonne attitude. Il comprend la situation. J’aime beaucoup la façon qu’il a joué durant les trois dernières semaines. Il compétitionne, il prend de meilleures décisions avec la rondelle, il s’amuse. Tu ne peux juger un joueur par ses buts et ses passes. De ma perspective, quand je vois qu’un joueur compétitionne et qui travaille fort et qui fait attention aux détails, c’est tout ce que je peux demander. Et quand ils font ces choses, les points vont être là. » (crédits à @ArponBasu)

Son éthique de travail lui paie récemment des dividendes. Au cours des six derniers matchs, il a récolté cinq points, ce qui représente près de 22 pour cent de sa production offensive de la saison.

En effet, l’attaquant de 6 pieds 2 pouces a une habitude de se réchauffer en même temps que la température du printemps, quoi que cette analogie est déficiente cette saison car la température est loin d’être chaude au Québec.

L’an passé, Lars Eller avait obtenu 16 points en 20 matchs dans les mois d’avril et de mai, incluant les séries. Lui et son coéquipier, Rene Bourque, ont presque éliminé le Lightning de Tampa Bay à eux seuls.

En 2012-2013, il a obtenu 13 points dans les 12 matchs précédents les séries éliminatoires, avant de perdre conscience sur la patinoire après un coup vicieux du défenseur Eric Gryba, dans le premier match des séries. Quelques jours plus tard, l’organisation des Canadiens annonça qu’Eller avait subi une commotion cérébrale et plusieurs blessures faciales qui ont terminé les séries pour ce dernier.

Comme nous pouvons le constater à présent, Eller a une énergie supplémentaire quand les matchs deviennent de plus en plus importants. Les Canadiens auraient bien besoin d’une injection d’attaque, considérant la production offensive anémique.

Au sommet de sa forme, Lars Eller peut être un joueur d’impact qui peut changer l’allure d’une rencontre, comme que nous avons vue à certaines occasions dans le passé. Il a un excellent lancer, il patine bien, il est costaud et il a de bonnes mains. Son problème principal est qu’il n’a jamais été capable de rassembler tous ces talents sur une base constante.

Un autre problème est qu’il effectue souvent des erreurs couteuses, soit en causant un revirement menant à un but ou en se faisant punir vers la fin de la partie. Il ne commet pourtant pas un grand nombre d’erreurs dans un match en général. Le fait qu’il effectue l’erreur dans une situation cruciale, l’expose à de la critique, parfois exagérée, et cela a un impact négatif sur ce joueur dont la confiance est déjà fragile.

Un des aspects que je voudrais voir Eller améliorer est celui de sa prise de décisions en territoire offensif. Pour l’avoir vu en pratique et à certaines occasions durant les matchs, le tir de Lars Eller est une arme qu’il pourrait utilisé plus souvent. Il a un tir précis et rapide, lorsqu’il l’utilise. Par contre, il se considère plus comme un fabricant de jeu, et il cherche trop souvent à passer la rondelle, même quand il a une occasion de marquer. Je suis convaincu qu’il aurait plus de buts à sa fiche, présentement, s’il tirait plus vers le filet. Cela dit, Eller est un joueur qui peut contribuer au succès de l’équipe même s’il ne produit pas offensivement.

Personnellement, je suis très impressionné par la patience que l’organisation des Canadiens démontre envers Lars Eller. Cela prouve qu’ils voient en lui, comme moi, un joueur qui travaille fort et qui a un très grand potentiel.

Lorsqu’il joue avec confiance, Lars Eller n’est pas seulement un bon joueur offensif, mais il peut aussi être un joueur très physique. En fait, il a terminé la saison dernière avec un total de 130 mises en échecs, menant les attaquants des Canadiens à ce chapitre. En résumé, cela veut dire qu’on peut décrire Lars Eller comme un joueur de centre de puissance, capable de marquer des buts, de frapper et de patiner, tout en étant fiable sans la rondelle. En le décrivant comme cela, nous semblons décrire le joueur idéal pour les Canadiens de Montréal.

Malheureusement, il n’est pas ce joueur idéal. Malgré le fait qu’il a toutes ces armes dans son arsenal, pour une quelconque raison, l’ancien choix de première ronde des Blues de St-Louis tarde à se développer. Il est temps d’examiner certaines causes de l’inconstance offensive dans le jeu du Danois.

Tout d’abord, il est évident que Lars Eller est plus confortable lorsqu’il joue à sa position naturelle, celle de joueur de centre. Pour une raison inconnue, Eller a été déplacé à l’aile gauche, malgré le fait qu’il avait, au moment de son changement de position, un pourcentage d’efficacité de 53,5 au cercle des mises en jeu, le plaçant dans le Top 10 de la LNH. Même à présent, Eller est toujours deuxième dans son équipe en efficacité dans les mises au jeu, derrière le vétéran Manny Malhotra.

Aussi, sa production offensive pourrait être amortie en raison du manque de temps d’utilisation dans des situations offensives. Par exemple, durant le match de lundi contre le Lightning de Tampa Bay, Eller n’avait que 11 pour cent de ses départs effectués dans la zone offensive. Si tu compares cela avec son coéquipier, joueur de centre David Desharnais, ce dernier a obtenu 88 pour cent de ses départs dans la zone offensive. Il est vrai que Desharnais évoluait avec le meilleur marqueur de l’équipe en Max Pacioretty, mais le contraste est tout de même très évident. Aussi, ceci est un simple constat, et non une critique envers Desharnais qui a bien performé durant les quelques derniers matchs.

Une statistique encore plus choquante est celle de son temps d’utilisation en avantage numérique. Eller a été utilisé en avantage numérique pendant 33 minutes et 15 secondes, cette saison, ce qui fait une moyenne de 30 secondes par match. Si nous comparons cela aux totaux de Tomas Plekanec et David Desharnais, ces derniers ont joué 147:38 (2:04 minutes par match) et 165:13 minutes (2:19 par match) respectivement. Même un joueur qui n’a disputé que douze rencontres avec les Canadiens, comme Sven Andrighetto, a vu la glace pendant plus de 18 minutes (1:32 par match) sur l’avantage numérique. Cela est tout de même surprenant lorsqu’on considère que Lars Eller est deuxième dans l’équipe en buts gagnants, suivant seulement Max Pacioretty.

Je tiens à préciser que je ne suggère pas qu’on utilise Lars Eller d’une mauvaise manière. Je veux tout simplement pointer le fait que, du point de vue du joueur de 25 ans, en étant déjà un joueur à confiance fragile, le fait de ne pas être capable de produire offensivement peut être, à la longue, fatiguant mentalement pour Eller. Cela explique aussi qu’il ne faut pas juger ce joueur autant par ses statistiques.

Quand je regarde Lars Eller jouer, je vois un joueur qui est très sévère envers lui-même plutôt qu’un joueur qui se traine la patte. Le fait qu’il a plus de départs défensifs que de départs offensifs peut aussi expliquer, potentiellement, le fait qu’Eller fait plus d’erreurs flagrantes en défensives. Il peut, tout simplement, être placé dans ces situations importantes, plus souvent que les autres joueurs. De plus, lorsqu’il commet ces erreurs, il perd en confiance, et en même temps, perd en efficacité, créant un cercle vicieux.

Encore une fois, je ne juge pas le plan de match des Canadiens, car je comprends que ces statistiques peuvent être résultantes du fait que Lars Eller est simplement un meilleur joueur défensif que ceux que j’ai nommés précédemment. Il se peut que les Canadiens ont décidé de sacrifier sa contribution offensive pour qu’il se concentre sur des tâches plus difficiles en défense. Une solution potentielle, selon moi, serait de garder ses tâches défensives, mais de lui donner plus de temps de glace en avantage numérique.

Le talent de Lars Eller constitue un sujet de conversation les plus populaires depuis les dernières années. Plusieurs, comme moi, on tenté d’en faire des analyses, mais la réalité est que, personne ne peut prédire la prochaine étape pour ce joueur. Il pourrait se développer tout d’un coup, ou il pourrait rester le joueur qu’il est en ce moment. À 25 ans, il est dans une année cruciale pour son développement qui commence déjà à tarder. Par contre, s’il est capable de donner une performance dominante, durant les séries éliminatoires, alors les partisans des Canadiens seront, encore une fois, permis de rêver qu’ils assistent à l’éclosion de Lars Eller.

 

Sources:

NHL.com:
http://www.nhl.com/ice/player.htm?id=8474189
http://www.nhl.com/ice/player.htm?id=8474189&season=20142015&view=log
HockeyDB: http://www.hockeydb.com/ihdb/stats/pdisplay.php?pid=105385

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Lien vers mes articles en français : http://fr.allhabs.net/author/mhamfan/ ——————-Michael is a Staff Writer for All Habs Magazine. He completed a bachelor’s degree in Psychology at the Université de Montréal and is now doing his Masters’ degree at the Université de Sherbrooke in Clinical Sciences. Michael has been a hockey fan and a Habs fans pretty much all his life, so for the last two decades and a half. He was born in Montreal to a Chinese mother and a Honduran-Chinese father, so he is fluent in French, English and Cantonese. He understands Spanish and Mandarin but not enough to speak it. His objective in writing is to give information and to give his opinion. At no point will he try to act as an expert on the subject. Michael is humbled to be able to write on hockey and that has always been a dream for him. He attends a lot of hockey games and practices during the year (Habs, Juniors etc.) and when he is not at the game, he is watching them at home, so he will base his opinion a lot on what he has actually seen rather than what he has heard. —————————————————————————————————————————————————————– Michael est un chroniqueur pour Le Magazine All Habs. Il a complété un baccalauréat spécialisé en Psychologie à l’Université de Montréal et il est maintenant, à sa première année en maîtrise en Sciences Cliniques à l’Université de Sherbrooke. Michael a été un amateur de hockey et un partisan des Canadiens depuis les vingt-cinq dernières années. Il parle quotidiennement en français, en anglais et en cantonais. Il comprend aussi l’espagnol et le mandarin sans être très fluide. Michael a appris que la modestie et le respect étaient deux valeurs nécessaires dans la vie. Son approche pour écrire des articles est de donner son opinion basée sur de l’information concrète. Son but n’est surtout pas de se prendre pour un expert. Il assiste très souvent à des matchs de hockey (Canadiens, Juniors, etc.) et lorsqu’il n’est pas dans les estrades, il les regarde chez lui. Donc, son opinion sera basée sur ce qu’il aura vu, plus que ce qu’il aurait entendu. Donc, ses articles ne seront jamais écrits sous le point de vue d’un expert, mais bien celui d’un amateur qui veut susciter la discussion avec ses pairs.

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