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Les chandails, objets publicitaires?

By on août 7, 2012 in Partisan with 1 Comment

par Alexandra Philibert, Chroniqueuse, AllHabs.net 

MONTRÉAL, QC — Si la publicité incessante dans le monde du hockey s’est fait sentir au sein des ligues mineures et européennes sur les chandails que portent les joueurs, ce phénomène ne s’étend pas encore à la LNH, mais pourrait-il le faire suite à une tentative de la part de la NBA?

Le site NHL Red Light soulève la question. Il est reconnu que les ligues sportives en puissance d’Amérique du Nord ont su résister jusqu’ici à cette tendance, mais voilà que la NBA a dévoilé il y a quelques mois, tout en annonçant la reprise vidéo immédiate d’un jeu, qu’elle imposerait des logos publicitaires sur les chandails que portent les joueurs dès la saison 2013-2014.

La décision sans appel devrait être votée via courriel en septembre et implantée pour 2013 au sein de la NBA, ce qui donnera la chance aux commanditaires de pouvoir offrir de généreuses sommes aux équipes pour voir leur nom sur un chandail. Ce laps de temps permettra aussi aux personnes responsables des uniformes d’incorporer le logo de 2 ½ » par 2 ½ » sur la poitrine, juste au-dessus du cœur. Cette publicité pourrait rapporter un peu plus de 100 M$ à la ligue par année selon Adam Silver.

NHL Red Light compare par la suite les estimations d’Adam Silver et celle du groupe Horizon Media qui pourrait avoir sous-estimé l’apport monétaire de ces publicités. Ces derniers ont porté leur étude sur les quatre puissances sportives d’Amérique du Nord, et ne donnait qu’une maigre projection de 30 M$ seulement pour la NBA, tandis que la LNH ne s’en sortirait qu’avec 8 M$, ce qui donnerait tout de même environ 250 000 $ de plus par année par équipe. Dans le monde du Circuit Bettman, ce n’est pas énorme, mais ça aiderait passablement.

Admettons que le revenu publicitaire de ce système soit plus élevé que ce qui a été avancé par le groupe Horizon Media. Le Circuit Bettman, en pleine négociation d’une nouvelle convention collective et affichant des revenus records selon celui-ci, pourrait tout de même en bénéficier. Pratiquement la moitié des équipes de la ligue peinent à faire du profit, et bon nombre d’entre elles sont sur le bord du précipice ou encore est un fiasco total sous tutelle, dans le cas de Phoenix.

Alors que faire? Implanter un système de publicité sur les chandails, quitte à faire en sorte que l’esthétisme soit bâclé? Que le respect qui reste entre la ligue et les partisans disparaisse? Qu’en plus de la publicité télévisuelle, radiophonique, web, imagé et sous toutes autres formes qui se retrouvent continuellement autour de nous, cette dernière se retrouve sur le dernier élément non contaminé par celle-ci? Ou tout simplement, ne pas implanter ce système et renoncer à un revenu supplémentaire? Beaucoup de questions seront à élucider.

L’esthétisme « coureur automobile » des joueurs de hockey provenant des ligues professionnelles européennes et mineures, n’a jamais vraiment plu à l’œil qui est trop sollicité par divers logos et couleurs. Certes, cette pratique remporte un vif succès au sein de ces ligues, mais l’idée d’une seule et unique insigne publicitaire dérangerait déjà moins sur l’apparence du chandail.

Toujours selon l’étude d’Horizon Media, si la LNH s’est classée dernière quant à la possible valeur monétaire de ce système, elle est arrivée deuxième tout juste derrière la MLB quant à l’impact que cette publicité pourrait avoir, comme le rapportait Terry Lofton en février 2011 dans le Sports Business Journal :

« While NHL teams posted the lowest monetary value in the survey, the NHL’s quality impact score was second only to MLB. Hockey’s fast pace of play provides for fewer detection opportunities during game action, but when play is stopped in the NHL, the exposure ‘duration,’ or amount of time the jersey is visible on-screen, is higher in hockey than other sports. »

Ce dernier explique que le déroulement rapide de l’action permet peu d’opportunités aux téléspectateurs de voir la marque. Par contre, lorsque le jeu est stoppé quelqu’en soit la raison, le hockey offre un temps d’exposition de l’insigne publicitaire à l’écran supérieur à tout autre sport. Ce facteur non négligeable pourrait en grande partie augmenter la prévision de 8 M$ de revenu supplémentaire avec ce système.

Donc, on peut supposer que si la NBA va de l’avant avec ce système, ce qui devrait être le cas, la Ligue nationale de hockey sera la prochaine ligue majeure d’Amérique du Nord à le faire. Pourquoi la LNH plus que la MLB ou la NFL? Plusieurs raisons font en sorte que cette hypothèse est valable.

Premièrement, la LNH est dans des déficits et difficultés apparents au niveau monétaire, du moins à certains niveaux, et les présentes négociations pour la nouvelle convention collective tournent grandement autour de l’aspect financier de la ligue. Ce système pourrait alors régler certaines divergences entre propriétaires, directeurs généraux et joueurs. En second lieu, il ne faut pas sous-estimer la proximité de celle-ci et la NBA.

La Ligue nationale de hockey possède neuf franchises qui partagent leur aréna avec diverses équipes de l’Association Nationale de Basket-ball, sans oublier les cinq franchises de la LNH possédant des parts au sein de la NBA. Finalement, il ne faut pas négliger l’importance du revenu publicitaire au sein de la LNH.

Avec cette réelle possibilité, quels sont les avantages et désavantages de cette nouvelle forme de publicité? Le meilleur avantage de celle-ci : un revenu supplémentaire, qui dirait non à ça? Surtout pas Bettman. Le plus grand désavantage ne viendra pas de la part des D.-G, ni des propriétaires ou des joueurs, ce sera en fait des partisans.

Ira Boudmway amène possiblement le meilleur argument contre cette forme de publicité au sein du Business Week selon NHL Red Light :  « While dealmakers are understandably gung-ho, fans might not be thrilled to have advertisers invade one of the few commerce-free corners of the game. »

Et que se passera-t-il aussi si quelques-uns des partisans détestent le commanditaire? L’opinion des partisans est importante, mais l’est toujours un peu plus lorsqu’il s’agit d’une question financière relative à la publicité. Pourquoi? Parce que le revenu publicitaire découle directement des partisans qui en sont le public cible. Ce qui amène une grande partie de l’argent des coffres de la LNH, ce sont les amateurs qui consomment les produits, les billets, etc. Ni plus ni moins.

Rappelons qu’à la base, il ne devait pas y avoir de publicité sur la patinoire, peu à peu elles se sont installées sur les bandes, immaculées de blanc auparavant, et tranquillement elles se sont immiscées sur la glace. Le danger n’est pas le premier logo qui pourrait y apparaître, mais bien la dizaine d’autres qui pourraient suivre. Nul doute non plus que Reebook, la marque des chandails utilisés au hockey, n’appréciera peut-être pas l’idée.

Plusieurs questions s’imposent, certaines d’ordre d’éthique, d’autres financière. Si les présentes négociations entre la ligue et l’AJLNH sont centrées sur le revenu, vous pouvez être certains que quelqu’un, quelque part amènera cette idée de publicité, qui pourrait passablement déraper, et les questions d’ordre d’éthique pourraient prendre « le bord ».

Argent ou pas, on ne peut passer sous silence le respect et l’attachement que les amateurs portent aux emblèmes d’équipes sportives, un respect qui quelques fois frise la religion et l’obsession. Imaginez quelques instants un chandail du Canadien, empli d’une histoire vieille de 100 ans, orné d’une marque quelconque autre que Reebok sur celui-ci.

À quel point l’amateur de hockey pourra-t-il toujours apprécier le chandail qu’il a tant idolâtré avec cet ajout?

La publicité à ses limites, les rencontrera-t-elle dans ce dossier? Ça reste à voir, l’appât du gain est souvent plus fort que la loyauté ou le respect.

source citation  & recherche : NHL Red Light

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Sports Business Journal

BusinessWeek.com

 

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About the Author: Étudiante en communication, Alexandra aime les mots, la vie, mais surtout le hockey. Amoureuse du sport, elle a trouvé sa voie en communication par une émission "Making of" du hockey du Samedi Soir à RDS. Alexe ne cesse d'analyser et de s'informer, elle tente par tout les moyens d'en apprendre plus pour mieux maîtriser la matière. Elle espère un jour oeuvrer dans le monde journalistique sportif où à quelque chose qui s'y rattache. Enjouée, et amoureuse de la vie, elle se fait un plaisir de remercier les gens qui l'aident à s'épanouir. Intègre, et fidèle à elle-même, elle cherchera toujours à se dépasser. Le Canadien est son équipe, mais jamais elle ne s'abstiendra de les varloper s'il le faut. Alexandra studies communication. She loves life, enjoys writing and has a passion for hockey. A connoisseur of sports, she decided to pursue a career in communication after watching a program about the making of a Saturday night hockey broadcast on RDS. Alexandra applies her healthy curiosity and analytical skills when researching and writing about any topic. She hopes one day to be a sports journalist or work in a field related to sports. Cheerful and optimistic, Alexandra remains thankful to all those who help her flourish and encourage her to pursue her dreams. Integrity, loyalty and hard work are her hallmarks and wich allow her do the right thing and surpass her own high expectations of herself. While the Habs are her team, Alexandra will not be shy criticizing the home team - when deserved! .

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  1. Désintoxication de Hockey | All Habs Hockey Magazine | février 19, 2013

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