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Ode à Scott Gomez

By on janvier 15, 2013 in Partisan with 2 Comments

par Simon Servant, Rédacteur, Le Magazine All Habs

MONTRÉAL, QC — Sachez-le, je suis un romantique, je suis un quétaine. Je suis le genre de gars qui va pleurer pendant un film d’amour, mais qui va blâmer l’air climatisé ou la satanée poussière dans l’œil. Je suis le pseudo-macho qui n’a rien de macho et tout de sensible. Je suis comme ça.

Si je commence sur les chapeaux de roues, aujourd’hui, c’est que j’ai le cœur qui saigne et la raison est simple : j’ai mal à mon Scott Gomez. Tellement mal que je lui consacre ce texte avant de faire une Juliette de moi-même et prendre ce couteau à beurre près de moi afin de mettre fin à mon supplice…

La pointe de l’iceberg alaskien

Voilà maintenant quelques jours que le lock-out est officiellement terminé et la nouvelle direction du Canadien n’a pas mis de temps avant de faire des siennes et s’est tout de suite débarrassée de la tête de Turc favorite des partisans; j’ai nommé Scott Gomez.Scott Gomez

Le directeur-général de l’organisation, Marc Bergevin, a décidé de faire ce qu’aucun homme n’avait daigné faire auparavant en signalant à l’homme de 51,5 millions qu’il n’était plus la bienvenue dans l’entourage de l’équipe et qu’il pouvait dorénavant regarder les matchs de l’équipe bien installé dans son salon – du moins pour le moment.

L’association compliquée entre Gomez et le tricolore avait déjà tourné au vinaigre depuis quelques mois – gracieuseté notamment de plusieurs partisans – et la question n’était plus de savoir sur quel trio il allait évoluer, mais bien s’il allait jouer tout court.

Résultat des courses, le natif d’Anchorage a vu son contrat être racheté, en vertu de la nouvelle convention collective, et sera libre de signer avec une équipe qui voudra bien de ses services puisqu’il est maintenant agent libre sans compensation. Du moins, il le sera après être passé au ballotage.

Sans mauvais jeu de mots, il faudra donc avouer que le salaire de l’ancien #11 n’était que la pointe de l’iceberg et que le problème était de beaucoup plus gros qu’il ne l’était pour qu’on refuse de le faire jouer – au pire – sur un quatrième trio. Question de fierté?? C’est peut-être tout ce qui lui restait…

Le mal-aimé

D’entrée de jeu, je tiens à affirmer que je suis déçu. Pas du fait que Marc Bergevin ait racheté son contrat, mais bien du fait que ça se termine de cette façon. Pour moi, la décision prise par Bergevin est tout à fait logique au niveau hockey. Il ne devait rien à personne, voulait bâtir l’équipe à sa façon tout en n’ayant pas à répondre aux questions des journalistes insistants concernant le dossier Gomez. Tout est réglé.

Sauf que comme je le disais, je suis un romantique. Cette relation finit trop mal à mon goût. J’avais l’âme charitable depuis le début de 2013 et j’étais prêt à lui donner une autre chance de se faire valoir, même s’il m’avait brisé le cœur à quelques reprises. Je pensais qu’il aurait pu jouer au moins quelques matchs sur le quatrième trio, tant qu’à le payer, mais non. C’est peut-être mieux comme ça dans le fond, car il n’aura pas à subir le traitement de quelques saoulons au Centre Bell. Il n’est certainement pas « tout nu dans’ rue », mais ça reste un humain. Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre.

J’apprends par message texte – alors que je suis au cinéma – que lui et son faramineux contrat arrivent en échange de Chris Higgins (que j’aimais bien) et Ryan McDonagh (que je voyais déjà dans notre top 4 la saison suivante).  Certes l’histoire avait commencé du mauvais pied entre nous deux, mais je tenais quand même à donner la chance au coureur. Il avait des qualités tout de même. C’est un joueur intelligent qui peut bien alimenter ses ailiers et entrer rapidement en zone adverse.

Et il faudra dire qu’il aura bien fait lors de sa première saison. Une belle récolte de 59 points, 14 de plus en séries, mais il a aussi amené du leadership à une équipe qui venait de carrément faire peau neuve pendant l’entre-saison. Personne ne parlait de son salaire. Évidemment, je m’attendais à plus de sa part la saison suivante, mais là où j’ai vraiment décroché, c’est l’an passé.

Moi, la création d’un groupe Facebook afin de chanter dans le but de fêter le premier anniversaire sans but de Scott Gomez, je trouve ça stupide. Surtout quand on sait que le gars n’a jamais été reconnu comme un marqueur naturel. C’est montrer à quel point les partisans montréalais forment probablement la pire base de partisans de la ligue quand l’équipe perd.

Aussi, ce qui me pue au nez royalement – pour rester très poli – c’est le fait qu’à Montréal, il faut toujours qu’il y ait un coupable pour les insuccès de l’équipe. Lors des 15 dernières années, il y a eu Patrick Roy, Vincent Damphousse, Saku Koivu, Patrice Brisebois, José Théodore, Carey Price et finalement Scott Gomez. Comme si la défaite ne dépendait que d’un seul homme. L’équipe termine au dernier rang dans l’association de l’est, j’espère qu’il n’est pas l’unique responsable. Qu’il gagne 7,3 millions ou non.

Ode à Scott Gomez

Je ne souhaite pas faire pleurer qui que ce soit. C’est un professionnel grassement payé qui réalise le rêve de millions de jeunes enfants à travers le monde. Sauf qu’en lisant les commentaires de ses coéquipiers, en regardant certains de ses faits saillants sur le site de la LNH, je me sens nostalgique.gomez_scott_640

Je ne devrais pas l’être pourtant. C’est loin d’être une légende et il n’a pas ramené la Coupe Stanley sur la rue Ste-Catherine, mais je trouve qu’il fait pitié. J’aimerais qu’il renaisse de ses cendres et que sa carrière prenne un deuxième souffle. J’aimerais qu’il obtienne la chance de montrer qu’il n’est pas un joueur « fini » et qu’il est encore capable d’aider une équipe dans le besoin. J’aimerais qu’il sache que malgré tous ses déboires, je croyais toujours un peu en lui au fond de mon cœur et que je n’ai jamais suivi la grogne populaire à son égard.

Ça me semble tellement surréel ce que j’écris là. Je faisais allusion à Roméo et Juliette plus haut dans le texte, j’imagine que ça me rappelle la fin de cette tragédie un peu comme si je ne pouvais plus vivre sans lui. Je crois qu’il est grand temps que la saison recommence…

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About the Author

About the Author: Étudiant en communication à l'Université de Montréal, Simon est un passionné de sports qui rêve de devenir journaliste sportif. Souvent reconnu pour ses opinions tranchées, il peut aussi faire preuve de logique et d'objectivité. Maniaque de hockey, il a toujours son mot à dire sur son équipe favorite : Les Canadiens de Montréal et n'hésite pas pour analyser ce qui se passe dans l'équipe. De plus, Simon est aussi journaliste accrédité à la couverture de l'Armada de Blainville-Boisbriand, dans la LHJMQ // Communications student at the University of Montreal, Simon is passionate about every sport and dreams of becoming a sports journalist one day. Often known for his strong opinions, he can also be logical and objective. Hockey maniac, he always has something to say about his favorite team : The Montreal Canadiens and doesn't hesitate to analyze what's happening with the team. Also, Simon is covering as a journalist the Blainville-Boisbriand Armada team in the QMJHL. .

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  1. Helene Laliberte dit :

    Tout a fait d’accord

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