Le Magazine All Habs avec Fantômes du Forum

Opinion: Bergevin a trop attendu

By on décembre 15, 2015 in En Vedette, Opinion with 1 Comment

par Serge Côté, Chroniqueur invité 

(Photo par Graham Hughes/La Presse Canadienne)

(Photo par Graham Hughes/La Presse Canadienne)

Montréal, QC. — Après avoir connu un début de saison historique, le Canadien se retrouve maintenant en eaux troubles, ayant perdu ses quatre matchs précédant la victoire de samedi contre Ottawa. Après avoir dominé la LNH pendant plusieurs semaines et marqué des buts presque à volonté, le Tricolore a vu son avance sur ses poursuivants s’effriter peu à peu pour finalement se transformer en retard sur le premier rang de la ligue et une égalité dans la Conférence de l’Est. De plus, bien qu’il soit toujours en tête de la division Atlantique, le CH a vu son avance passer de neuf à quatre points entre les matchs 20 et 30 et sa moyenne de buts par match de 3,6 à 3,23. Voici un visuel de ce déclin :

Après 10 matchs 

Classement général :

Brouillon séminaire 2

* 3,6 buts par match

 

Est :

(Source: NHL.com)

(Source: NHL.com)

Après 20 matchs

Classement général :

3

* 3,45 buts par match

 

Est :

4

Après 30 matchs 

Classement général :

5
* 3,23 buts par match
Est :

6
Certains attribueront ce déclin principalement aux blessures à Carey Price et Brendan Gallagher qui y sont effectivement pour quelque chose. Cependant, cette baisse de régime était prévisible bien avant que ces derniers ne tombent au combat. En effet, l’indice PDO (addition des % d’efficacité des gardiens et des tireurs) élevé du CH suggérait un facteur chance qui finirait par revenir autour de la normale de 100 éventuellement.

Par ailleurs, s’il était impossible de prévoir la blessure de Gallagher, il était clair déjà tôt en saison que l’aile droite représentait une faiblesse pour le club de Michel Therrien.

Primo, il fallait être irréaliste pour croire que Dale Weise s’était soudainement transformé en marqueur émérite, et ce malgré ses succès et sa popularité des premiers matchs de la saison.

Après 15 rencontres, Weise, qui a amassé 10 buts et 29 points lors de sa meilleure saison dans la NHL (2014-15) et n’avait jamais marqué 30 buts tant au niveau junior qu’en AHL, produisait à un rythme insoutenable (pour un joueur de sa trempe) de 44 buts et 60 points. Le rythme auquel il convertissait ses tirs en buts (22,2%) était également pratiquement impossible à maintenir pour Dutch Gretzky, dont la moyenne en carrière est de seulement 10,9%.

Une baisse de production était donc inévitable et ce, même s’il en est à sa dernière année de contrat, année au cours de laquelle il n’est pas rare de voir un joueur connaître la meilleure campagne de sa carrière.

8

Secundo, il est devenu évident après quelques matchs seulement que la tentative de coup de circuit qu’a faite Marc Bergevin en signant Alexander Semin s’avérait plutôt une fausse balle : un coup raté mais sans grandes conséquences.

Au cours du même échantillon de 15 matchs que celui utilisé pour Weise, Semin a été laissé de côté à cinq reprises et n’a amassé que trois points, dont un but, au cours des dix matchs auxquels il a pris part. Sans surprise, il a récemment été libéré par le Canadien et signé un contrat en KHL.

Tertio, il y a bien sûr l’absence de Zack Kassian qui, on le sait, vient tout juste de compléter ses traitements pour des problèmes de santé.

Le résultat final est que les ailiers droits réguliers du Canadien, lorsque tout le monde est en santé, sont maintenant Gallagher, Weise, Smith-Pelly et Flynn. Ce quatuor constitue sans aucun doute l’un des flancs droits les plus faibles de la LNH. Gallagher blessé, le jeune Sven Andrighetto est venu combler le vide, offensivement parlant du moins, de façon admirable. Cependant, à moins d’une transaction de Marc Bergevin, quelqu’un devra écoper lors du retour de Gally et le contrat à deux volets du jeune Suisse fait de lui un candidat pratique pour être rétrogradé à St.John’s. Cela dit, si on se fie aux insiders tels que Bob McKenzie, il y a un moment déjà que le D.G. du CH est à la recherche d’un partenaire de danse.

À le voir danser, pas surprenant qu’il n’ait pas trouvé de partenaire…

Depuis son arrivée en poste, Bergevin prône la patience. Il a cependant été trop patient dans ce cas-ci pour deux raisons :

– Un directeur-général est toujours en meilleure position pour transiger lorsque son équipe connaît du succès qu’au cours d’une mauvaise séquence. Une formation ne répondant pas aux attentes est plus anxieuse d’apporter des changements dans le but de secouer ses troupes et les D.G. adverses le savent. En conséquence, ils peuvent donc en profiter pour exiger plus en retour des joueurs convoités. À moins de n’avoir vraiment d’autre choix que de bouger immédiatement, il n’est jamais recommandable de transiger dans une position vulnérable.

– La plus grande force du CH est la profondeur de sa brigade défensive, à un point tel qu’un jeune défenseur de qualité, choix de première ronde de surcroît, Jarred Tinordi, n’a pas joué un seul match cette saison. Comme il serait assurément réclamé au ballotage si Bergevin tentait de le rétrograder, ce dernier tente depuis longtemps d’échanger son grand défenseur sans toutefois le vendre à rabais.

Cependant, comme le mentionne Poulin, de son siège sur la galerie de presse, Tinordi n’a pas l’occasion de démontrer son savoir-faire aux équipes potentiellement intéressées. Chaque match passé sur la passerelle fait baisser sa valeur aux yeux des autres équipes, d’autant plus que plus la saison avancera et plus les enjeux grandiront, moins elles pourront se permettre de lancer un défenseur à froid dans la mêlée.

Malgré tous ses bons coups et ses beaux habits, Marc Bergevin a commis l’erreur de compter sur le début de saison incroyable et insoutenable de ses troupes pour acheter du temps au lieu d’être proactif. Il lui aurait fallu faire l’acquisition d’un ailier droit offensif pendant que Weise produisait et non alors qu’il est incapable d’acheter un but et que Paul Byron évolue à la droite du premier trio.

Bergevin procédera sans doute à une transaction d’ici la date limite afin de solidifier le flanc droit et peut-être même le flanc gauche. Mais comme il ne l’a pas fait au moment où son équipe avait le vent dans les voiles, le prix à payer sera assurément plus élevé. De plus, sa formation aura perdu de précieux points au classement en n’ayant pas eu plus tôt les outils pour pallier au retour sur terre de Weise et à la déception qu’a causée Semin.

Hockeyment vôtre,

Serge Côté, collaborateur spécial
@sercote

Tags: , , , , , ,

About the Author

About the Author: .

Subscribe

If you enjoyed this article, subscribe now to receive more just like it.

There is 1 Brilliant Comment

Trackback URL | Comments RSS Feed

  1. Cariou dit :

    Je ne discute pas l’indice PDO mais il y a un PFNO (Problème de Fonds Non Identifié).

    Les centres en arrachent
    En début de saison, les relanceurs alimentaient les centres. Puis les adversaires ont augmenté la pression sur les relanceurs. Du coup, les centres reculent pour venir chercher la rondelle car les relanceurs du CH ressemblent à des quart-arrières de la NFL qui se font brasser sans arrêt.

    Les ailiers tirent beaucoup
    Les centres ne peuvent pas à la fois relancer et créer du jeu. Privés de la créativité du centre, les ailiers tirent quand ils ont la rondelle. Si le gardien adverse donne des rebonds, çà peut aider. Sinon, c’est stérile.

    La meilleure option
    Tant que l’adversaire maintient la pression sur les relanceurs, la meilleure option c’est des centres de puissance capables de remonter la rondelle. Le CH n’en a pas. Et les autres clubs canadiens non plus. Cà a l’air petit une patinoire mais faire 10 mètres avec la rondelle avec 5 guerriers en face, çà prend de la puissance.

    Les alternatives
    Les entraineurs essayent le duo de relanceurs Subban-Beaulieu (plus vif et plus rapide) mais sous pression, les relances restent moins précises.
    On bat un adversaire en retournant ses méthodes contre lui : il faut presser les relanceurs adverses. Si l’adversaire à des centres de puissance qui remontent la rondelle, il faut les mettre en échec. Problème : le CH n’a qu’un frappeur (Emelin).
    Comme la direction se plaint de l’absence de gros centres sur le marché canadien, elle devrait pouvoir trouver au moins un autre frappeur. Ce n’est pas joli comme jeu mais c’est çà où le Canada n’est même pas proche de revoir la Coupe. Peut-être dans 20 ans si les jumeaux Sedin font 4 enfants chacun…

Post a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Top
Aller à la barre d’outils