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Oscar Pistorius : Quand l’impossible devient réalité

By on août 11, 2012 in Partisan with 0 Comments

Par Sara, Réalisatrice/Monteuse Vidéo, AllHabs.net

LAVAL, QC — Des exploits du nageur américain Michael Phelps à ceux du sprinteur jamaïcain Usain Bolt, la liste de raisons pour lesquelles les Jeux olympiques de Londres passeront à l’histoire est très longue. Une autre d’entre elles, certainement la plus marquante pour moi, est la participation du premier athlète handicapé aux Jeux olympiques, Oscar Pistorius. 

 

Crédit photo : Nike / oscarpistorius.com

Oscar Pistorius est un double amputé. Le coureur sud-africain est né sans péroné (fibula), l’os qui longe le tibia entre le genou et la cheville. Alors qu’il était âgé de seulement onze mois, ses parents ont dû prendre la déchirante décision d’amputer les jambes de leur enfant.

Six mois après son opération, Pistorius enfilé sa première « paire de jambes ». Il ne lui a fallu que quelques jours pour s’y habituer. Même petit, l’athlète était un sportif. Le water-polo, le rugby, le cricket, le tennis, le triathlon, la lutte, la boxe : son handicap ne l’a pas empêché de les pratiquer. Curieusement, la course n’était pas l’une de ses disciplines favorites. Il avoue même que lorsqu’il était jeune, il s’écrivait lui-même de fausses notes du médecin afin d’être exempté des cours d’éducation physique lors desquels les élèves devaient courir un cross-country! Pistorius a été initié à l’athlétisme en juin 2003, après s’être blessé au genou. La course faisait partie de son programme de réhabilitation.

En janvier 2004, le jeune homme a participé à sa première compétition, une course de 100 m organisée par son école. Après l’épreuve, Henk, le père d’Oscar, a fait des recherches afin de savoir à quel niveau se situait à son fils. Résultat : à seulement 17 ans, Pistorius avait battu le record paralympique par 0,48 seconde.

Après avoir fait l’acquisition de Flex Foot Cheetahs, un type de prothèse inventé par la compagnie islandaise Ossür, Pistorius a pris le chemin des Jeux paralympiques. À Athènes, il a remporté le bronze au 100 m et l’or au 200 m en fracassant par le fait même le record mondial.

Compte tenu de ses succès aux Jeux paralympiques de 2004, celui qui est surnommé le Blade Runner avait un nouvel objectif en tête : rivaliser les meilleurs au monde, c’est-à-dire les athlètes non handicapés aux Jeux olympiques. Bien qu’il ait raté le temps de qualification pour les Jeux de Beijing par 0,70 seconde, Pistorius a vu son rêve devenir réalité en 2012 alors qu’il a réussi à se qualifier pour une participation aux Jeux olympiques de Londres.

Une participation controversée

Les réactions face à la présence de Pistorius aux Jeux olympiques sont divisées. D’un côté, on retrouve ceux qui sont ravis de voir un double amputé capable de rivaliser avec les meilleurs au monde et de l’autre, il y a ceux qui persistent à croire que Pistorius est avantagé par ses prothèses, même si les tests menés par  l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) ont conclu que non.

En novembre 2007, le Sud-Africain a participé à une série de test à Cologne, en Allemagne. Ces tests ont révélés que Pistorius était capable de courir à la même vitesse que les athlètes non handicapés, mais en utilisant moins d’énergie que ceux-ci. Par conséquent, l’IAAF a banni Pistorius de toutes compétitions réservées aux athlètes non handicapés. Furieux parce que les résultats étaient biaisés et les tests scientifiquement lacunaires, le coureur a engagé des avocats afin de contester la décision de l’IAAF.

« Mon but n’était pas de dire « Regardez, je n’ai pas un avantage ». Je voulais vraiment savoir « Est-ce que j’ai réellement un avantage? ». Parce que je ne veux pas compétitionner dans un sport où j’ai l’impression d’y participer non pas en raison de mon talent, mais à cause d’une pièce d’équipement. »

Pistorius s’est rendu à Houston, aux États-Unis, pour prendre part à d’autres tests. Après avoir présenté son cas en cour, la décision de l’IAAF a été infirmée. Il a été démontré que les tests réalisés à Cologne n’ont pas tenu compte que Pistorius est désavantagé par ses départs moins rapides et les courbes de la pistes.

Oscar Pistorius lors des Jeux olympiques de Londres (Crédit photo: JULIA VYNOKUROVA / GETTY IMAGES)

« L’important, c’est de participer »

L’univers sportif se moque souvent de cette phrase, mais c’est dans un cas comme celui-ci qu’elle prend tout son sens. Pistorius n’a pas été en mesure de se qualifier pour la finale du 400 m. Il s’est rendu en finale du relais 4 x 400 m avec l’équipe de l’Afrique du Sud après qu’ils aient remporté leur protêt, mais ils ont terminé 8es. Il quittera donc les Jeux olympiques de Londres sans médaille. Mais somme toute, sa participation est une victoire en soi : une victoire contre l’adversité et l’atteinte de ce que nous croyions pendant si longtemps impossible.

 

 

Sources : Le site officiel d’Oscar Pistorius, Le quotidien The Telegraph et le magazine New-York Times.

 

 

 

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About the Author

About the Author: Sara didn’t grow up in a hockey family. She has no nice stories about how she spent her childhood winters watching Hockey Night in Canada with her dad. What really happened is that one day, she decided to watch one hockey game by herself (just to see what the fuss was all about) and that was all it took. Love at first sight. A couple of years later, her passion is stronger than ever. She is currently studying communications at Université de Montréal, hoping to make it in the hockey media business one day. Artistic, expressive and meticulous, she would like to become a reporter or a video editor. When she is not watching, talking or writing about hockey, she likes to listen to music, watch one of her too many favourite tv shows and hangs out with her friends. .

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