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Pelleter des nuages… ou brasser les tisons de l’enfer?

By on mars 28, 2011 in Partisan with 3 Comments

par Lyse, AllHabs.net

Québec, QC – Plusieurs incidents, ainsi que leurs ondes de choc m’ont laissée pantoise récemment. Pire, j’en ai été dégoûtée. La vidéo Chara-Pacioretty, tournée en boucle, m’a laissé le même goût amer que ces vidéos de Zapruder, de l’explosion Challenger ou des tours new-yorkaises… Bien sûr, il n’y a pas eu de perte de vie, loin de moi l’idée d’exagérer la chose. Mais la simple prospective d’avoir à assister à un décès en direct me donne des frissons dans le dos. C’est pourquoi j’ai très mal réagi lorsque j’ai vu circuler des images et des phrases à connotations inspirant la violence à l’égard de joueurs ennemis. Cette attitude œil pour œil ne fait qu’accentuer une dimension parmi les bases partisanes rivales qu’on cherche à éliminer dans le hockey. Paradoxal, non?

Que l’on parle de ces gestes vicieux qu’on voudrait éliminer de notre sport préféré ou de l’attitude des dirigeants de la LNH, il y a de quoi se décourager. Au moins à ce niveau on peut constater que s’amorce un nouveau mouvement, plus vocal, plus sérieux si l’on veut. Six directeurs gérants sur trente ont pris position contre les coups à la tête et/ou autres gestes considérés dangereux sur la patinoire. Bien que ces six voix ne sont encore que minorité, il y a lieu de croire à l’amorce positive dans une nouvelle direction avec cette mouture de jeunes dirigeants de nouvelle école de pensée. Aussi, des personnes influentes comme Ken Dryden (qui représente mieux, à mon avis, l’amour du sport que cet imbécile heureux du samedi soir à la CBC), des joueurs vedettes se sont prononcées en ce sens. À petits pas de bébé comme dirait Bob

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Sur un autre ordre d’idées, j’aimerais vider mon sac sur un autre sujet, bien que connexe. Ici sur All Habs, nous avons depuis un certain temps abordé la question de « saines rivalités » entre partisans d’équipes ennemies. Avec les séries qui approchent, ça risque de chauffer dans les réseaux sociaux à cet égard. Toutefois, ce qui déconcerte davantage, c’est toute cette négativité à laquelle nous sommes exposés en ce qui concerne notre équipe préférée.

Avec la récente débâcle de trois blanchissages consécutifs, la déception est normale pour tout partisan du CH. Oui, en plein en direct de mon salon, j’ai crié des noms à plus d’un joueur et semoncé le coach Martin. S’il n’est jamais plaisant de perdre, une telle humiliation est toujours difficile à digérer. Comme DG de salon ou coach de sofa, chacun de nous a SA solution, SA stratégie pour redresser l’équipe et ça fait partie du jeu. Toutefois, ce qui me dépasse, c’est cette manie de non seulement vouloir trouver LE bouc émissaire, mais de le crucifier sur la place publique, parfois littéralement. Tout comme je me refuse à croire qu’un seul joueur peut être crédité du succès d’une équipe même si sa contribution personnelle s’avère au-dessus de la moyenne par comparaison avec ses coéquipiers, je ne peux accepter qu’une séquence noire soit attribuable à un seul joueur.

Ce qui dérange davantage dans tout ça, c’est cette animosité qui s’exprime librement autour des machines à cafés réelles ou virtuelles que sont les réseaux sociaux à l’égard de ces boucs-émissaires. Bon, ça m’agace peut-être plus que d’autres. Après tout, on m’a déjà qualifiée de pacifiste – oui, je suis hippie sur les bords. Mais outre la séance de défoulement collectif, qu’est-ce que ça donne? Le Canadien s’en portera-t-il mieux?

Tout aussi déplorable est le fait que certains médias s’en donnent à cœur joie et nourrissent cette sombre escalade. On sait que les mouvements de masse ont tendance à s’autoalimenter et à monter en intensité ces émotions jusqu’à rendre amère l’expérience partisane pour nombre de gens. Quand on est rendu à voir un animateur de talk-show sportif de fin de soirée se délecter d’une mise en échec particulièrement violente envers l’un de nos joueurs, il y a lieu de se demander quel rôle jouent ces médias dans l’amertume collective?

Une de mes connaissances virtuelles se plaignait de ce phénomène négatif qu’apporte les médias québécois sur le CH. Mince consolation, ça semble assez répandu, et ce, de manière universelle. On n’a qu’à constater les retombées qu’ont pu avoir les commentaires de l’ancien joueur de la LNH, Theo Fleury auprès de certains partisans des Canucks. Très disgracieux – je ménage ici mes mots.

En même temps, un blogue mis en ligne par Le Monde confirmait en fin de semaine que cette manipulation par les médias des pressions partisanes n’est pas unique au Québec ou à l’Amérique du Nord.

Le hockey, morceau important de notre culture et de nos divertissements, est en train de devenir une sale affaire, si on laisse les choses aller. Que peut-on faire?

À mon avis, pour employer l’expression consacrée sur les internets, il faudrait arrêter d’alimenter les trolls : désyntoniser les lignes ouvertes et les talk-shows de fin de soirée, cesser d’encourager les meneurs de claque bipolaires qui dirigent le trafic populaire au gré des succès de notre équipe. Mais surtout de cesser de donner matière à raison aux néologismes de Réjean Tremblay comme « féfan » ou « talifan » mea culpa : j’ai moi-même utilisé l’expression fan intégriste dans une récente conversation avec un collègue, je ne croyais pas vraiment que mon sarcasme aurait atteint le niveau du chroniqueur de La Presse.

Personnellement, je continuerai à suivre mon sport avec passion. Pour me divertir, vivre des émotions, et encourager mon équipe préférée. Et j’exprimerai ouvertement mes opinions, pour critiquer ou encenser mon équipe préférée et ses joueurs. Lorsque ça ne deviendra plus amusant, je pourrai toujours me tourner vers le boulingrin.

Ah, et une question pour Georges Laraque : les attaques gratuites envers ta dernière équipe, c’est pour la cote d’écoute ou pour te pratiquer à l’arène politique?

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About the Author: Rick is the Editor-in-Chief, lead contributor, and owner of the All Habs network of websites. His mission is to build a community of Canadiens fans who are informed, engaged and connected. He is the vision behind all four sites within the network - All Habs, Habs Tweetup, We Are Canadiens, and The Montreal Forum - and is responsible for the design and layout of each. In concert with the strong belief that "Habs fans are everywhere!", Rick is pleased that people use All Habs as a conduit to find and connect with other Habs fans worldwide. He is also proud that Habs Tweetups have allowed fans to meet in person and develop long lasting friendships. .

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There Are 3 Brilliant Comments

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  1. ChrisGrenon dit :

    Bien fait, Lyse.
    À croire certains, les débâcles de nos Glorieux sont entièrement attribuables à l’un cettesemaine, un autre la semaine passée, et ainsi de suite. Un seul nom de joueur semble revenir semaine après semaine, mais si le salaire n’était pas celui qui lui fut attribué, je doute qu’on en fasse réellement tout un plat.
    Comme tout bon fan, j’ai souhaité en voir un ou l’autre passer du temps dans les sommets du Centre Bell pour voir une autre façon de faire 100 000$ (ou moins pour les autres). Mais de là à espérer qu’un joueur de notre équipe se fasse « ramasser » par l’adversaire, il y a tout un monde.
    Plus que pacifiste, je dirais que tes propos sont posés. Malheureusement, il semble que des propos posés n’augmentent pas les cotes d’écoute.

  2. Kayla Beaudet dit :

    Excellent texte Lyse.
    Il y a une énorme différence entre critiquer un individu/équipe lorsque les résultats espérés ne sont pas à la hauteur et insulter gratuitement ces mêmes personnes. Il faut prendre un pas vers l’arrière pour analyser « the big picture ». Les déboires d’une équipe sont souvent le résultat d’un effet domino. Un joueur connait une mauvaise séquence, ce qui fait débuter une mauvaise séquence à son partenaire de trio, les défenseurs en arrachent donc pour rejoindre les gars en avant, le gardien multiplie les arrêts, mais un moment donné, la rondelle doit entrée… Bref, cet effet domino peut survenir autant après une période qu’après quelques matchs. Ça dépend du moral des troupes je crois.

  3. Lyse dit :

    Merci vous deux pour vos commentaires. Ce billet était davantage pour moi un exutoire, mais ça réconforte de vous savoir là. 😉

    J’éprouve un peu de difficultés avec non seulement la négativité (sans pour autant porter des verres teintés bleu, blanc, rouge) que la recherche de sensationalisme qui ne fait qu’aggraver l’ambiance, du moins dans les réseaux sociaux.

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