Le Magazine All Habs avec Fantômes du Forum

S.O.S Fantômes

By on mars 1, 2012 in En Vedette with 0 Comments

par Simon Servant, AllHabs.net

ST-EUSTACHE, QC — Bonjour à tous les lecteurs et lectrices de All Habs.

Après plus de 102 ans d’histoire, 24 Coupes Stanley, 61 élus au Temple de la renommée du hockey et 17 joueurs ayant vu leur chandail être retiré, le Canadien de Montréal et ses partisans ont probablement tout vu.
Bell Centre

Ils ont vécu la fierté, la joie, la frustration, la déception… surtout la déception depuis quelques temps. Avec un peu plus d’un mois à faire à la saison régulière, nous sommes en droit de souhaiter que cette saison chaotique prenne fin le plus rapidement possible afin de finalement passer à autres choses.

Une saison 2011-2012 qui va passer à l’histoire, mais pour les mauvaises raisons…

La page est tournée

Le mois de mars vient tout juste de débuter et, pour la première fois depuis près de 10 ans, le Canadien n’est pas impliqué au beau milieu d’une course aux séries. La chute aux enfers se poursuit de plus belle et, alors que je m’attendais à voir le tricolore vendre quelques joueurs à la date limite des échanges, il semble que je me suis mis le doigt dans l’œil une fois de plus.

Le Canadien a vendu, il a vendu celui qui était le plus facile à vendre, celui qui était bien sûr le mal-aimé des entraîneurs. Je parle évidemment d’Andrei Kostitsyn. Kostitsyn était loin d’être le plus impliqué, n’en donnait pas assez et ne il figurait clairement plus dans les plans de la direction. Toutefois, depuis quelques années, on ne lui a jamais donné ce qu’il méritait non plus. Il ne jouait pas sur l’avantage numérique, Jacques Martin avait brisé sa confiance en voulant relancer Gomez, l’an passé, et on lui a enlevé son centre, Lars Eller, avec qui il semblait avoir une belle chimie. Oui, c’est un constat d’échec dans son cas, mais il a été causé en partie par l’équipe. Je suis encore estomaqué de voir un joueur aussi talentueux quitter pour des choix de 2e et 5e ronde, et je ne dis pas que c’est une mauvaise transaction.

Qu’en est-il des autres agents libres sans compensation? Hal Gill avait été échangé, pas de problèmes de ce côté, mais pourquoi pas Chris Campoli et/ou, à la limite, Travis Moen et Mathieu Darche?? Je suis d’accord avec le fait que les deux derniers soient blessés et que ça fait assez mal au cœur de les transiger, mais à quel moment est-ce que Chris Campoli est devenu important? J’ai beaucoup de difficulté à croire qu’il ne valait pas au moins un choix de 5e ou 6e ronde. De plus, il n’apporte rien à l’équipe sauf prendre la place d’un vrai défenseur comme Yannick Weber, qu’on s’entête à faire jouer à l’avant. J’imagine que son plus grand défenseur se trouve au 7e étage : Pierre Gauthier.

Ce même Pierre Gauthier qui a grimacé lorsqu’on lui a parlé de reconstruction, comme si c’était l’équivalent de la peste bubonique. Son objectif est de replacer l’équipe d’ici le dernier quart de la saison mais tout ça, sans donner la chance aux jeunes d’avoir du temps de glace de qualité et d’apprendre de leurs erreurs. Un discours qui me laisse un goût amer parce qu’on tente encore une fois de protéger nos actifs, vendre du rêve et de belles petites licornes roses aux partisans. Geoff Molson ne veut absolument pas voir son amphithéâtre se vider et lui et son acolyte font tout en leur possible pour faussement montrer leur confiance envers cette équipe chancelante.

Vous vous souvenez de mon premier texte sur All Habs où j’affirmais que le tricolore ne se trouvait pas de chaise afin de bâtir une équipe gagnante? Bizarrement, il est encore d’actualité, aujourd’hui.

Il serait peut-être temps de leur dire qu’il est temps de tourner la page.

Une saison d’apprentissage

Pour seulement la 4e fois depuis les 50 dernières années, le CH pourrait ne pas récolter 30 victoires dans une saison. Parmi celles-ci, il faut compter la grève de 1994-95 et noter que quelques-unes ne duraient que 70 matchs. Malgré tout, je crois qu’il y a du positif à retirer de ça.

Plusieurs partisans cherchent à blâmer quelques joueurs mais cette accumulation de frustrations n’a pas sa place. Tomas Plekanec est une cible de choix mais il faut comprendre qu’il n’a pas joué avec des ailiers de qualité, depuis le début de la saison. Il a fallu qu’il se débrouille avec un Cammalleri qui ne donnait pas beaucoup d’ardeur au travail, tout comme Andrei Kostitsyn. On lui a offert des joueurs de soutien comme Travis Moen et Mathieu Darche, au talent plus limité, en plus de le faire évoluer à la pointe sur l’avantage numérique. Il a besoin d’un trio stable comme celui de Desharnais, Cole et Pacioretty.

Plusieurs sont mécontents de certains jeunes aussi. Il faut être prudent avec les Lars Eller, Louis Leblanc, Raphael Diaz ou autres parce qu’ils apprennent à la dure, présentement, et ce n’est pas le temps de lancer la serviette dans leur cas. C’est dur de donner des rôles importants à ces jeunes lorsque la philosophie de la direction ne leur donne pas la chance de jouer dans des situations importantes. En quoi Gomez est plus important qu’Eller sur l’avantage numérique, si ce n’est que de son statut de vétéran??

Nous avons des jeunes qui font l’envie des autres équipes et qui seront la face de cette organisation pour encore plusieurs années. Je parle bien sûr de Carey Price et P.K. Subban. Laissons-les respirer un peu, ils prennent aussi de l’expérience et c’est inconcevable de penser à les échanger, qu’on aime ou non leur attitude.

Une religion qui a perdu des fidèles

On se plaît souvent à dire que le Canadien de Montréal, pour ses partisans, c’est une religion et que celle-ci est parfois plus forte que tout. Les partisans brûlent des lampions, montent les marches de l’Oratoire St-Joseph, font des prières et des incantations. Malheureusement, sans vouloir jouer au païen ici, je ne crois pas qu’il existe une prière qui sera assez forte pour redresser cette barque.

Le Canadien a un pouvoir incroyable à travers le monde, mais plus particulièrement au Québec, où il est même plus important qu’un débat politique en vue d’une élection fédérale. Avec ce pouvoir viennent de grosses responsabilités et de grosses attentes, attentes qui n’auront pas su satisfaire certains fidèles, qui auront déserté l’équipe.

Même si je n’endosse pas vraiment ce genre de pratique, je le comprends, surtout après le fiasco de cette saison. Non seulement les résultats ne viennent pas, mais la gestion de plusieurs dossiers a de quoi soulever l’ire des partisans. La direction a créé des attentes envers Andrei Markov et a annoncé plusieurs dates de retour mais le général en défensive n’aura pas endossé l’uniforme de la saison.

L’année de misère de Scott Gomez et toutes les distractions entourant sa séquence sans but et ses prises de bec avec ses entraîneurs n’ont pas aidé la cause. La prise de panique lors du congédiement de Jacques Martin, la confiance timide envers Randy Cunneyworth à ses débuts, l’acquisition de Tomas Kaberle et la gestion des futurs agents libres ne sont venus qu’ajouter de l’huile sur le feu.

Je croyais vraiment que l’organisation avait appris du fiasco de 2008-2009. Alors que les cérémonies entourant le centenaire allaient bon train, le CH était 4e au tournant de l’année mais les frasques hors glace de certains joueurs, le congédiement de Guy Carbonneau, la saga Kovalev, la débandade de fin de saison, la controverse des gardiens, la qualification en séries sur une défaite en prolongation et le balayage aux mains des Bruins marqueront cette année désastreuse.

Plusieurs semblent aussi oublier la piètre performance de l’équipe l’année suivante, en 2009-2010. On se souvient tous de la magnifique – et inattendue – performance en séries éliminatoires mais il faut se souvenir que l’équipe n’avait récolté qu’un pauvre total de 39 victoires en plus d’accéder aux séries grâce à une défaite en prolongation contre les Maple Leafs combinée à une défaite en fusillade des Rangers.

Un triste bilan qui en aurait fait tomber plusieurs…

S.O.S Fantômes

RaftersLes hauteurs du Centre Bell sont garnies de bannières de championnats ou de numéros retirés et quand on regarde les performances de l’équipe, depuis une quinzaine d’années, nous sommes en droit de nous demander si le surnom « Les Glorieux » ne disparaîtra pas sous peu.

Depuis le départ de Patrick Roy, l’équipe est à la recherche d’une vedette, d’une légende qui, à long terme, pourra transporter celle-ci et lui redorer son blason. Est-ce que vous voyez un joueur de l’organisation actuelle qui pourrait voir son chandail se faire retirer lors une cérémonie touchante dans une vingtaine d’années? Il y a peut-être quelques candidats : Price, Pacioretty, Subban, Markov?

Je suis convaincu que M. Molson souhaiterait bien faire appel aux fantômes du Centre Bell afin de redresser cette équipe mais les Maurice Richard, Howie Morenz, Bernard Geoffrion – Dieu ait leurs âmes – doivent se retourner dans leur tombe en voyant quel genre de direction cette équipe a prise. Même les Guy Lafleur, Patrick Roy, Jean Béliveau et compagnie doivent être gênés de voir si peu de contrôle et tant de drame au sein de cette équipe qui, par le passé, faisait trembler les adversaires.

C’est vrai qu’il ne faut pas vivre dans le passé mais je ne peux pas croire que les joueurs, en tant que professionnels, ne peuvent pas en donner plus, surtout en regardant dans les airs et en voyant toute l’histoire du Canadien de Montréal. Du cœur au ventre, de l’intensité, de l’émotion, qu’un joueur joue quatre minutes ou vingt minutes, ça devrait être ça les leitmotivs qui poussent tout joueur qui endosse l’uniforme du bleu-blanc-rouge.

Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous toujours de le porter bien haut. Pour l’instant, la flamme est éteinte depuis un bon bout de temps…

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About the Author

About the Author: Étudiant en communication à l'Université de Montréal, Simon est un passionné de sports qui rêve de devenir journaliste sportif. Souvent reconnu pour ses opinions tranchées, il peut aussi faire preuve de logique et d'objectivité. Maniaque de hockey, il a toujours son mot à dire sur son équipe favorite : Les Canadiens de Montréal et n'hésite pas pour analyser ce qui se passe dans l'équipe. De plus, Simon est aussi journaliste accrédité à la couverture de l'Armada de Blainville-Boisbriand, dans la LHJMQ // Communications student at the University of Montreal, Simon is passionate about every sport and dreams of becoming a sports journalist one day. Often known for his strong opinions, he can also be logical and objective. Hockey maniac, he always has something to say about his favorite team : The Montreal Canadiens and doesn't hesitate to analyze what's happening with the team. Also, Simon is covering as a journalist the Blainville-Boisbriand Armada team in the QMJHL. .

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