Le Magazine All Habs avec Fantômes du Forum

Une histoire d’équipe

By on avril 22, 2013 in Partisan with 0 Comments

par Sophie Lamote, Rédactrice, Le Magazine All Habs

MONTRÉAL, QC — Quelque peu inquiétante dirons-nous… Le mot est selon moi un peu faible pour décrire la
situation qui gravite autour du CH à l’heure où je vous parle!

François Lacasse | Getty

François Lacasse | Getty

Depuis précisément le 11 avril 2013 – date à laquelle les Canadiens de Montréal ont battu de manière nette et précise les Sabres de Buffalo 5-1 et obtenu, par de là même, leur précieux laissez-passer pour accéder à l’envieuse ronde des séries – nous assistons jour après jour, match après
match, à la débâcle de notre équipe préférée, à une débandade qui nous plonge étrangement
dans un déjà-vu, datant d’un souvenir encore trop peu lointain. Angoissant retour vers le futur,
vous dites?

Bien sûr, il y a eu quelques petits sursauts d’énergie par-ci, quelques notes encourageantes
par-là, notamment la victoire jeudi passé contre Tampa Bay, mais rien de bien convaincant,
rien de bien rassurant non plus à maintenant trois minuscules matchs de la fin d’une saison que
nous aurions voulu imaginer parfaite! Moi, personnellement, je ne suis soudainement plus très
pressée et plus trop certaine d’avoir hâte aux dites séries…

En tant que tout bon partisan, il va nous falloir investiguer pour trouver quels sont les
coupables? N’est-ce pas notre passe-temps favori à nous, gérants d’estrade dont une seule
victoire nous mène droit dans les bras de la Coupe et une infime défaite, vers le congédiement
exhaustif de chacun des membres de l’équipe tricolore, du haut du 7e étage jusqu’à la moindre
parcelle de glace, patineurs et technicien de zamboni compris!

Cible préférée ces temps-ci des néo-supporteurs du CH, celui qui remporte la palme du coupable
numéro 1, j’ai bien sûr nommé Carey Price! OUF qu’il est mauvais d’être cerbère de Montréal
ces jours-ci… Tantôt adulé comme un semi-dieu dont on érigerait une statue géante sur le Saint-
Laurent, telle une Statue de la Liberté québécoise, tantôt décrié comme le plus mauvais portier
de l’histoire de l’humanité hockeyesque!

Graig Abel | Getty

Graig Abel | Getty

En tant qu’inconditionnelle de Carey Price, je vis très mal le fait que notre gardien soit
invariablement sur le point de se faire crucifier sur la Place Ville-Marie. Je sais que mon
objectivité sur le sujet n’est pas toujours d’une précision infaillible, mais quand même…
Mes cheveux se dressent littéralement sur la tête quand j’entends une critique sur mon gardien
favori : Entendre qu’il soit pourri durant un match et plusieurs buts, soit! Je l’accepte… je l’admets
même! Remettre en question le choix de Marc Bergevin sur notre gardien numéro 1, j’ai du mal
à en supporter plus! En fait, j’ai beau y réfléchir, je ne comprends pas très bien où les dénigreurs
et/ou critiqueurs invétérés veulent en venir!

La sportive en moi sait pertinemment ce que c’est d’avoir un passage à vide… une mauvaise
passe. Selon moi – et cette affirmation n’implique que moi, mais je la partage tout de même –
ceux qui se permettent de critiquer un sportif – qu’il se nomme Carey ou Jean-Paul d’ailleurs
– n’ont que rarement enfilé des runnings, bien trop confortablement assis dans leur divan et
occupé à débattre vainement sur les performances de leurs acolytes athlètes.

Trop cliché me direz-vous! Bien sûr! Mais – haters ou lovers de Carey Price – avouons tout
simplement que blâmer un seul joueur sur une équipe de 24 joueurs est pour le moins
réducteur. Pour venir à son secours – comme s’il en avait besoin d’ailleurs – je citerais
l’affirmation de son homologue Penguin, Marc-André Fleury, qui lui aussi en a vu d’autres
quand il s’agit d’essuyer une horde de critiques plus ou moins pertinentes : « Un attaquant peut
être pratiquement invisible pour deux matchs, mais il peut compter sur 11 autres attaquants
pour qu’on ne le remarque pas. Comme gardien, tu es tout seul.». Les propos de Josh Gorges sont
tout aussi éloquents et intelligents: « Ce n’est pas juste de sa faute (…) C’est la faute de toute
l’équipe. »

Marc-André et Josh me mènent exactement là où je voulais en venir! Quand une équipe
comprend un, deux ou plusieurs joueurs qui connaissent une mauvaise passe, on les aide, on
les soutient, on se porte à leur secours! On ne les enfonce pas encore plus! Je l’avoue, je ne
comprends donc rien aux pleurnichards qui pointent du doigt un membre spécifique d’un tout!

Il ne faut pas aller chercher bien loin pour comprendre que l’ensemble de l’équipe des
Canadiens de Montréal a un problème entre les deux oreilles par les temps qui courent…
ou peut-être ailleurs… un cœur déficient sur lequel le tatoo du CH a pali au lavage de cinq ou six
brassées et un mental qui tout à coup doute quotidiennement… et il n’en faut pas plus pour
irrémédiablement mener à des corps qui ne suivent plus la cadence LNH…

Pas besoin d’avoir un doctorat en mathématiques pour comprendre que l’attaque du Canadien
n’est tout simplement pas au beau milieu de sa forme et en arrache incontestablement!

Voulez-vous que je vous cite les performances de Travis Moen pour vous convaincre?
0 but, 2 passes lors des 25 dernières rencontres. Dernier but en date : 21 février 2013, son deuxième
but de la saison. Tout simplement brillant! Mauvais exemple peut-être… Allons voir sur nos
premiers trios dans ce cas…

Tomas Plekanec?
0 but, 5 passes lors des 10 dernières rencontres. Dernier but en date : 30 mars 2013.
Ou David Desharnais peut-être?
1 but, 5 passes lors des 10 dernières rencontres. Dernier but en date : 3 avril 2013.
Michael Ryder?
3 buts, 4 passes lors des 10 dernières rencontres. Dernier but en date : 6 avril 2013.
Lars Eller?
2 buts, 5 passes lors des 10 dernières rencontres. Dernier but en date : 9 avril 2013.
Brian Gionta?
4 buts, 4 passes lors des 10 dernières rencontres. Dernier but en date : 18 avril 2013.
Max Pacioretty?
2 buts, 7 passes lors des 10 dernières rencontres. Dernier but en date : 20 avril 2013.

En panne, l’attaque du CH, vous dites? Carey Price ne serait-il pas le seul à connaître un passage
difficile? Et je ne dis mot sur la défense… qui plus souvent qu’à son tour oublie de jouer et ne
sait plus comment manier une rondelle!

Et c’est tout simplement ainsi que l’on explique une série de défaites aussi inattendues que les

Bill Wippert | Getty

Bill Wippert | Getty

ribambelles de victoires de début d’année auxquelles l’équipe nous avait habitué… On se
familiarise vite à notre amie, la victoire, mais on se lasse tout aussi rapidement de sa consœur,
la méchante défaite! Je vous pose alors la question : comment un groupe de joueurs peut-il avoir été si brillant pendant presque 40 matchs et s’écrouler sans aucune raison valable pour presque toutes les confrontations suivantes? Épuisés d’en avoir trop donné? Système de jeu déjoué par tous leurs adversaires? Feu de paille indubitablement voué à l’échec? Relâchement dû à un premier objectif brillamment accompli? Ok… on nous avait dit : NO EXCUSES n’est-ce-pas!?!

Jusque-là, Michel Therrien et son escouade d’entraîneurs nous avaient systématiquement
accoutumés à trouver LA solution à chacun des problèmes rencontrés. De l’absence de Diaz à la
léthargie de l’un ou l’autre joueur, il avait toujours eu une idée de génie qui venait enflammer
notre petit cœur de partisan fanatique en quête des grands honneurs. Quelques victoires en
plus, et une bonne partie des supporters bleu-blanc-rouge auraient trop à l’avance provoqué à
eux-seuls une rupture de stock de chaises pliantes déjà alignés sur Sainte-Cath!

Malheureusement, il semble que la Coupe ait tout à coup décidé de s’éloigner bien loin de
Montréal et les Habs vont devoir reprendre les choses en main pour que la saison que l’on
imaginait de rêve ne se termine en un très désagréable cauchemar. Pour cela, je suis persuadée
qu’au fond de lui, Michel Therrien le sait : il y a juste UNE solution, « se retrouver en équipe et
en famille ». C’est le principe de base connu de tous les athlètes de sports d’équipe: Se relever,
travailler, se regrouper et en ressortir encore plus fort!

Certains détracteurs devraient tout simplement en prendre de la graine… Se relever, arrêter de
chialer, se regrouper et en ressortir fier de l’équipe que l’on supporte. Tel un vrai partisan du
CH!

 

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About the Author

About the Author: Née à Bruxelles en Belgique, Sophie est canadienne de nationalité depuis 2 ans, et québécoise de cœur depuis plus de 10 ans. Sportive depuis sa plus tendre enfance, c’est tout naturellement qu’elle a adopté le sport national de son pays dès qu’elle a posé le pied sur le sol québécois il y a une décennie. Titulaire d’une maîtrise en communication et d’un baccalauréat en éducation physique, Sophie a une passion équivalente pour l’écriture et le hockey. Écrire sur le hockey est devenu une évidence, se consacrer aux Canadiens de Montréal, une religion. .

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